EN BREF – On le trouve dans certains chewing-gums, dans les bonbons préférés des enfants et dans des barres chocolatées. Le dioxyde de titane, un additif alimentaire plus connu sous le nom de E171, considéré comme potentiellement cancérogène, va être interdit en France.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a décidé de bannir l’additif alimentaire E171 de la composition de certains produits alimentaires. Il suit les recommandations de l‘Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. L’organisme a été sollicité en février 2019 par le ministre pour faire le point sur les récentes expertises concernant l’additif alimentaire controversé. Dans son rapport, l’ANSES a estimé que les données scientifiques disponibles à ce jour n’étaient pas suffisantes pour lever le doute sur l’innocuité de l’E171. Ce colorant blanc, utilisé dans la fabrication des enrobages de confiseries, est constitué de particules de dioxyde de titane. Il est dans la ligne de mire de plusieurs associations depuis de nombreuses années. De sérieuses alertes ont en effet été émises dès 2006, par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), qui a classé l’E171 parmi les éléments potentiellement cancérogènes pour l’homme.

Alors que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait conclu en 2016 que l’utilisation alimentaire du dioxyde de titane n’était pas dangereuse pour la santé humaine, une étude française publiée en 2017 par l’INRA (Institut national de recherche agronomique) a montré que l’additif, testé sur des rats, pouvait provoquer des lésions précancéreuses au niveau du côlon. Des éléments suffisants pour alerter les associations.

Principe de précaution

Après avoir repoussé sa décision, l’année dernière, alors que l’interdiction du dioxyde titane était inscrite dans la loi alimentation, le ministre de l’Économie, a finalement décidé de bannir l’E171 des recettes alimentaires industrielles. Une victoire pour les associations de consommateurs face aux lobbies agroalimentaires.

« Aujourd’hui, nous ne boudons pas notre satisfaction pour les produits alimentaires, même si le problème reste néanmoins entier pour les médicaments et les cosmétiques », estime Alain Bazot, président de l’association de défense des consommateurs UFC – Que choisir, dans un communiqué.

Certains industriels ont également décidé de se passer de dioxyde de titane bien avant l’interdiction. Le groupe de confiserie Mars a par exemple annoncé en décembre dernier un investissement de 70 millions d’euros dans son usine alsacienne pour supprimer l’E171 de ses produits d’ici 2020. En revanche, le dioxyde de titane, restera autorisé dans la composition des dentifrices, des crèmes solaires, de produits de maquillage ou dans l’enrobage de certains médicaments courants tels que le Doliprane.

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