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DANS L’ACTU – Le 20 avril prochain aura lieu la journée internationale du cannabis dans le monde. L’occasion de faire le point sur l’utilisation de cette plante tant décriée en France et sur les perspectives verdoyantes qu’elle pourrait offrir à l’agriculture et l’économie française.

Le chanvre, une plante multifonctions

Le cannabis est le terme scientifique désignant le chanvre. Victime de sa mauvaise réputation, il n’est pourtant pas utilisé qu’à des fins “récréatives”. Il accompagne l’homme depuis la nuit des temps, et lui sert encore aujourd’hui dans de nombreux domaines tels que le textile, l’isolation, l’alimentation, le cordage, la papeterie ou encore les cosmétiques.

Au total, plus de 600 produits brevetés sont fabriqués à partir du chanvre. De la litière pour animaux aux biocarburants en passant par le bioplastique… Ce sont des produits pour la plupart compostables ou biodégradables en fin de vie.

Du chanvre à toutes les sauces

Alimentation :
les graines de chanvre sont riches en vitamine E, reconnue pour ses effets antioxydants, en oméga-3 et oméga-6, qui permettent de réduire le taux de mauvais cholestérol et de réguler la tension artérielle, en protéines et en acides aminés.

Cosmétiques : le chanvre a des propriétés nourrissantes, cicatrisantes et hydratantes qui soulage les peaux à problèmes (irritations, acné, psoriasis).

Textile : la fibre de chanvre est reconnue pour être résistante, durable et antibactérienne. Sa production est bien moins polluante que celle du coton.

Isolation : sous le toit, dans les murs ou dans le sol, utiliser la laine de chanvre est non seulement une démarche écologique mais aussi astucieuse, puisqu’elle absorbe l’humidité l’automne et l’hiver et la restitue l’été.

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carte de la culture du chanvre en France

La France est le troisième producteur de chanvre dans le monde (derrière le Canada et la Chine), avec 16 400 hectares de surface cultivée. Bien loin des 170 000 hectares recensés au XIXe siècle, avant l’arrivée de la pétrochimie… La filière compte plus de 1 414 producteurs et 121 salariés répartis dans les six chanvrières.

Neuf variétés de plantes, issues du cannabis Sativa, y sont cultivées, dont le taux de THC (Tétrahydrocannabinol, substance psychoactive) n’excède pas les 0,2 %, comme l’exige la loi. Chaque été, 30 % de la récolte est analysée en laboratoire pour s’assurer que les plantes répondent bien à ce critère.

A l’heure actuelle, en attendant l’autorisation de nouveaux usages (cannabis thérapeutique ou bien-être notamment), 55% de la récolte est exportée à l’étranger.

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La culture du cannabis : écologique et durable

Sur ce chanvre dit « industriel », on récolte exclusivement les graines, appelées les chènevis, et les tiges, pleines de fibres, qui servent majoritairement dans l’alimentation, le bâtiment et le textile. Seules les fleurs sont jetées. Leur teneur en CBD (Cannabidiol, substance non-psychoactive) est pourtant très utile à la confection de cannabis médicinal ou bien-être, pour l’heure non-autorisés en France.

Pour les agriculteurs, le cannabis représente une belle opportunité. Il pousse vite, étouffe les mauvaises herbes, nécessite peu d’eau, peu d’engrais, aucun pesticide, ni fongicide, et stocke le CO2 dans les terres. Ce qui permet aux sols de se régénérer plus vite. Un hectare de cannabis absorbe autant de CO2 qu’un hectare de forêt. Autrement dit, l’agriculteur n’a que deux actions à faire : planter et récolter.

Les six chanvrières françaises (lieux où la transformation s’effectue) se trouvent à proximité des sites de récolte (à 150 km maximum), ce qui limite la pollution liée aux transports. Seul bémol lié à la production du chanvre ? Le matériel permettant de le récolter reste à ce jour onéreux.

Cannabis thérapeutique, cannabis bien-être… Des filières qui restent à exploiter

De nouveaux usages pourraient permettre à la filière chanvre de se développer davantage en France. C’est le cas du cannabis médicinal, ou du cannabis bien-être, dont les propriétés antiinflammatoires et relaxantes ne sont plus à prouver. Une alternative de poids à certains médicaments dont la fabrication est un fléau pour l’environnement, notamment pour les rivières.

De l’avis même de nombreux spécialistes – neurologues, médecins et même addictologues –, le cannabis thérapeutique ne présente aucun danger, à condition qu’il ne soit pas fumé*. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) souhaite même qu’une expérimentation soit faite en France dès cette année.

Ces arguments semblent avoir trouvé écho chez le Premier ministre Édouard Philippe qui, en déplacement dans la Creuse (département prêt à accueillir des plants de cannabis thérapeutique et bien-être pour redynamiser l’économie locale), a jugé “absurde” le fait que l’on s’interdise cette possibilité. A l’heure où la France s’interroge enfin sur son utilisation, 35 pays dans le monde, dont 21 en Europe, ont déjà autorisé le cannabis thérapeutique.

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THC et CBD, quelles différences ?

Le cannabis contient 480 substances proactives, dont 80 lui sont exclusives et sont appelées cannabinoïdes. Chacune d’entre elles possède des propriétés spécifiques. Raison pour laquelle chercheurs et scientifiques continuent d’analyser cette plante si riche en surprises. Parmi ces cannabinoïdes, le THC et le CBD :

THC (Tétrahydrocannabinol) : c’est la substance dominante du cannabis. La plus connue et la plus décriée. Elle permet au cerveau de libérer de la dopamine et modifie le rythme cérébral, d’où l’effet psychoactif qu’elle procure. Un effet recherché par les consommateurs de cannabis récréatif. En France, les plantes dont le taux de THC est supérieur à 0,2 % sont interdites.

CBD (Cannabidiol) : deuxième substance la plus abondante dans le cannabis, elle est le principal sujet d’étude du corps médical. Non psychoactif, le CBD permettrait de soulager de nombreux maux (douleurs chroniques, inflammation, migraine, épilepsie…). Le Cannabidiol est également la substance que l’on retrouve majoritairement dans les produits liés au cannabis bien-être.

Dis-moi ce que tu consommes, je te dirai qui tu es…

Cannabis récréatif : le cannabis consommé est généralement riche en THC (et peut l’être également en CBD). Les consommateurs recherchent des sensations, qu’elles soient “planantes” ou, au contraire, euphorisantes.

Cannabis thérapeutique : le cannabis thérapeutique est cultivé de manière bio. Sa composition est dominante en CBD, mais n’est pas dépourvue de THC. Destiné aux personnes souffrant d’une pathologie, elle peut différer selon le mal à soigner ou soulager.

Cannabis bien-être : comme son nom l’indique, il est destiné aux personnes recherchant le bien-être et la relaxation. Deux termes antinomiques au THC. Il est donc riche en CBD, et quasi nul en Tétrahydrocannabinol.

*Plusieurs voies d’administration sont possibles pour un usage médical. Il est possible d’inhaler le cannabis thérapeutique via un vaporisateur. On retrouve également des produits sous forme de granules, de gélules, de gouttes, de spray buccal, de baume ou même de suppositoires.


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