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AU CINOCHE – La journaliste spécialisée en écologie, Anne-Sophie Novel signe le documentaire Les médias, le monde et moi. Après l’échec du média Ebdo, celle qui y travaillait se demande : que faire pour que les médias renouent avec leurs publics ?

Ce n’est pas nouveau, mais Anne-Sophie Novel fait bien de le rappeler : les citoyens se détournent des journalistes, ils n’ont plus confiance, certains les trouvent trop proches des pouvoirs et jugent sévèrement leurs papiers. D’autres vont même jusqu’à user de la force pour exprimer leur colère. Au cours des manifestations des gilets jaunes, des reporters ont été physiquement et verbalement agressés. Le contexte est tendu alors que certains médias en crise, mettent la clef sous la porte…

La réalisatrice du documentaire Les médias le monde et moi, qui écrit beaucoup sur les sujets de développement durable, a rencontré, tant en France qu’ailleurs, des journalistes qui essayent tant bien que mal de renouer un lien avec le public, les lecteurs, les auditeurs, les téléspectateurs. Sur le web ou à la télé, à la radio ou sur le Net, ils cherchent des solutions et expérimentent pour trouver un “terrain d’entente”.

A lire aussi : Le journalisme de solutions, c’est quoi ?

Mettre en lumière des initiatives

Pour certains, enquêter et rechercher « ce qui se trouve devant soi, mais qu’on ne voit pas forcément », dixit Fabrice Arfi de Mediapart, ne suffit pas. Si certains médias ont pour mission de dénoncer et de porter la plume dans la plaie, d’autres croient en l’action. Des journalistes ajoutent un volet « solutions » pour faire avancer la société, faire leur part du colibri, que ce soit en vue de sauvegarder la planète ou afin que la société devienne plus juste, plus solidaire (A UP, on essaye, humblement). Ils mettent en lumière des problèmes de société, mais proposent, en plus, des pistes pour améliorer des choses, en mettant en lumière des porteurs de projets. Ce journalisme d’impact est porté par de plus en plus de rédactions, en France, mais au-delà des frontières également.

Retrouver la confiance des citoyens… Une noble cause… Mission impossible ? Certains tentent, et y arrivent, oui, d’autres se plantent. Rien n’est acquis.

“On nous raconte des salades”

Anne-Sophie Novel, qui, au quotidien, explore les alternatives pour les mettre en avant dans la presse, n’est pas là pour dire comment il faut faire, elle n’a pas la clef à tous les soucis… Il n’y a pas une vérité. Chaque rédaction s’engage, avec son propre ressenti. Et propose, tentant de respecter sa ligne éditoriale.

Ce que l’auteure du docu cherche, plutôt, avec son co-réalisateur Florent Laval, cofondateur du média Far Ouest, c’est interroger. Et en premier lieu, les citoyens qu’elle a par exemple rencontrés sur un marché pour leur parler d’info. Lisent-ils ? Quoi ? Pourquoi pas ? Certains reconnaissent l’engagement et le travail des rédactions, d’autres, déçus, lancent des « On nous raconte des salades ! »

On avait des questions au début du film. A la fin, quand le générique démarre, les questionnements se multiplient. Et c’est normal, on se remet en question. Sans arrêt.

Pour connaître les dates des projections, rdv sur le site du film.


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