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DANS L’ACTU – Le mouvement Extinction Rebellion alerte sur l’urgence climatique. La désobéissance civile non violente, sur laquelle il s’appuie, séduit de plus en plus les citoyens.

Cette semaine, des militants non-violents d’Extinction Rebellion ont décidé de se mobiliser dans près de 60 villes dans le monde..A Paris, ce mardi 8 octobre au matin, quelques centaines de militants et sympathisants du mouvement écologiste occupent encore la place du Châtelet qu’ils ont investis depuis la veille.

Du désespoir à l’action

Pour se faire entendre et atteindre ses objectifs, Extinction Rebellion – XR, mouvement écologiste né en Angleterre, utilise la désobéissance civile non violente comme outil, à l’image de ce que fait depuis 2016 l’association Rising UP, dont le mouvement est issu. Un choix guidé « pas uniquement par idéologie, mais également car il est démontré que cela permet d’être le plus efficace en matière de luttes sociales », assurent Charles et Anthony, membres du mouvement français, que nous avions rencontrés au printemps dernier.

« J’ai constaté que les marches pour le climat ne provoquent pas de résultat concret et positif. Peut-être que ce mouvement pourrait obtenir de meilleurs résultats, explique Charles. Vue l’urgence de la situation, c’est maintenant ou jamais qu’il faut agir. » Anthony abonde : « J’ai l’impression que ce que propose XR, c’est ce qu’il faut faire. »

Autre caractéristique du mouvement : sa com’ qui ne s’embarrasse pas de circonvolutions ou de périphrases. Un chat est un chat, et le monde est en train de s’effondrer. « La communication est faite pour créer un choc émotionnel, briser la barrière qui empêche d’accepter l’accablante vérité, expliquent les deux membres de XR France. Les mots sont puissants, on parle d’extinction de l’espèce humaine, de meurtres de masse, d’effondrement. » L’idée n’est pas d’accabler, mais plutôt de donner les moyens aux citoyens, qui se sentent démunis devant une telle situation, de « passer du désespoir à l’action ».

La contagion rebelle a franchi les frontières

Le mouvement a en ligne de mire un chiffre ou plutôt un taux : 3,5 %. Selon les travaux d’Erica Chenoweth, docteure en politiques publiques aux États-Unis, qui a étudié les mouvements entre 1900 et 2006, il suffit de bouger 3,5 % de la population d’un État pour réussir une révolution non violente. Sachant que les actions non violentes sont bien plus efficaces que les violentes, et qu’elles suscitent l’adhésion du grand public… « Mais, malheureusement, nos gouvernements se servent régulièrement de la violence d’une minorité pour discréditer les causes des majorités non violentes », tempère Charles.

En attendant, le mouvement s’est propagé de manière fulgurante, hors de l’Angleterre. De nombreux scientifiques mais aussi des personnalités ont rejoint le mouvement. La contagion rebelle a franchi les frontières du pays. On retrouve des groupes de rebelles dans plus de 39 pays, tous prêts à mener des actions illégales… et aller en prison s’il le faut. Pour cela, des formations à la désobéissance civile se sont mis en place un peu partout dans le monde. Pour grossir les rangs de la rébellion.


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