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INITIATIVE – A Paris et en région parisienne, la plateforme Murfy lutte à sa manière contre la production de déchets électroniques en aidant les consommateurs à réparer leurs appareils électroménagers. 

Guy Pezaku, CEO de Murfy

Qui n’a jamais eu un problème avec sa machine à laver ou son sèche-linge ? A chaque panne, il est tentant de s’en séparer pour acheter un produit neuf. Depuis plusieurs années, les constructeurs encouragent la consommation à outrance. Les appareils électroménagers sont quasiment conçues pour tomber en panne au bout de 5 à 7 ans d’utilisation. C’est ce qu’on appelle l’obsolescence programmée et ce n’est pas une fatalité selon Guy Pezaku, cofondateur de Murfy.

Cette plateforme, créée à l’été 2018, propose à la fois un diagnostic gratuit avec des conseils et des tutoriels vidéos pour aider les consommateurs à faire face aux principales pannes rencontrées sur les machines à laver, les lave-vaisselle, fours ou autre objets du quotidien. Elle offre aussi un service de réparation à prix raisonné. “Les interventions de nos techniciens sont avant tout basées sur du conseil. Une fois sur deux, nous réparons l’appareil sans changer les pièces usagers. L’intervention, déplacement compris, est à un prix fixe de 75 euros“, précise Guy Pezaku. Si l’appareil électroménager n’est pas réparable, le client ne paye pas l’intervention.

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De nombreuses pannes pourraient être évitées

Albert Lamotte est réparateur pour la plateforme et il constate au quotidien que de nombreuses pannes sont la conséquence d’un mauvais entretien. Certains constructeurs programment certains problèmes pour inciter le consommateur à acheter du neuf, mais il y a des astuces pour faire durer ces appareils et Albert se charge de les partager : “Les lessives concentrées sont très mauvaises pour les machines à laver, car elles sont trop corrosives“, précise Albert. Actuellement, la plateforme recrute 3 techniciens par mois à Paris, avec l’objectif d’en recruter une centaine en CDI d’ici la fin 2019 à l’échelle nationale. L’ambition de Murfy est de devenir un acteur incontournable de l’économie circulaire de proximité. Mais les consommateurs sont-ils prêts à faire réparer leur objet plutôt qu’à en racheter un neuf ? ” Oui, si le prix de la réparation n’excède pas 35 % du prix du produit neuf“, analyse Guy Pezaku.

Un levier économique et écologique

Selon une étude de l’ADEME, un foyer français possède en moyenne 99 produits électriques et électroniques. L’accélération du renouvellement des produits, liée à une obsolescence subie ou perçue, ne fait qu’aggraver l’impact sur l’ environnement. Mais il y a des solutions. Si le secteur du réemploi et de la réutilisation est en constante progression : le volume des produits ménagers réemployés ou réutilisés a augmenté de 30 % de 2014 à 2017. La plateforme Murfy souhaite aller encore plus loin : “Nous pensons qu’une entreprise qui a des convictions peut créer de la valeur et créer des emplois locaux“, explique Guy Pezaku.

En 2018, la France compte environ 200 millions d’appareils électroménagers en circulation. Or, d’après l’ADEME, il se répare en France seulement 2,4 millions d’appareils. L’allongement de la durée de vie des produits pourrait pourtant générer des bénéfices considérables au niveau macroéconomique. Si seulement 1 % des déchets municipaux en Europe étaient préparés pour la réutilisation ou le réemploi, ce sont 200 000 emplois non délocalisables qui pourraient être créés d’après le rapport d’initiative du député européen écolo Pascal Durand.


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