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EXTRAIT DU MAG Deux jeunes réalisatrices ont conçu un film avec les jeunes d’un institut médico-éducatif. Une œuvre esthétique et originale à découvrir en salle à partir du 13 février 2019. 

L’institut médico-éducatif La Pépinière, dans le Nord-Pas-de-Calais, est un domaine fermé, à part, très vert, loin des bruits de la banlieue lilloise. Il accueille 88 enfants déficients visuels multi-handicapés, âgés de 4 à 20 ans, en internat. Ces derniers y reçoivent un enseignement, entretiennent les espaces verts avec des encadrants, participent à différents ateliers et apprennent à être, chacun à leur rythme, plus autonomes. C’est à cet endroit que les jeunes réalisatrices Ombline Ley et Caroline Capelle ont posé leurs caméras, pendant plusieurs mois, pour filmer un groupe d’une dizaine de jeunes de 15 à 20 ans. Avec l’envie de faire, selon leurs dires, « un film sur l’adolescence et non sur le handicap ».

« Nous avons connu ce lieu via des amis qui y menaient des ateliers de musique, et nous y sommes revenues plusieurs fois, initialement avec l’idée de faire une installation vidéo. Puis, au fur et à mesure, encouragées par les jeunes, nous avons commencé à tourner des scènes. Nous avons filmé ce qu’ils avaient envie de montrer. Nous avons écrit le film avec eux, en essayant de faire en sorte que chaque personnalité puisse s’exprimer », expliquent les réalisatrices, qui se sont rencontrées sur les bancs de l’École nationale supérieure des arts décoratifs.

Des personnages, des messages, des instants

Dans la terrible jungle, un documentaire sur un institut médico éducatif

Le résultat est un film de 80 minutes qui mêle scènes réelles et scènes jouées par les jeunes, mais toujours avec l’envie et la volonté de montrer la réalité. Il y a beaucoup de plans fixes dans lesquels ils semblent évoluer librement et qui nous permettent de pénétrer dans leur quotidien, d’être témoins de leurs joies, leurs peines, leurs interrogations. La musique est très présente, avec des scènes de chant et de danse chargées en émotion. On y découvre notamment Alexis qui ne quitte jamais son costume de super-héros, les blagues et les fictions inventées par Médéric, les talents de percussionniste d’Ophélie, les dilemmes de Léa : veut-elle et peut-elle devenir chanteuse ou coiffeuse ?

« Ils se sont emparés du film parce qu’ils avaient des choses à dire, sur leur adolescence particulière, décalée par rapport à la norme », affirment les réalisatrices. Pour autant, pas question de jouer sur le pathos, ou de prendre parti dans l’écriture. Certaines scènes sont d’ailleurs du registre humoristique. Dans la terrible jungle a été présenté durant le festival de Cannes, dans la section ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion), en mai dernier. Les adolescents étaient présents avec les équipes du film. « Ils étaient très fiers de voir les réactions des spectateurs après la projection », rapportent les réalisatrices.

Cet article est extrait du magazine UP n°22, à retrouver sur notre boutique

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