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PARTENARIAT – UP le mag vous propose ce mois-ci de découvrir les acteurs de l’innovation sociale sur le territoire de la Métropole de Lyon. Depuis plusieurs années, les créateurs de La Taverne Gutenberg encouragent les rencontres artistiques et humaines, dans un vieil immeuble transformé en espace hybride.

Actualisation : L’article ci-dessous a été rédigé en septembre 2018. Depuis, l’association Taverne Gutenberg a quitté l’immeuble du 5 rue de l’épée. Elle est désormais dans les Halles du Faubourg .

Le 5 rue de l’Épée, à Lyon, dans le quartier populaire de La Guillotière, abritait autrefois des logements et un café. Quand, en 2015, Maïa, designer de profession, et son mari Henri, artiste, ont eu l’autorisation des propriétaires d’occuper ce bâtiment vide depuis deux mois, pour y organiser des expositions, ils ont sauté sur l’occasion. L’opération fut un tel succès qu’ils ont décidé de racheter l’immeuble pour créer un lieu artistique alternatif. Découvrez leur histoire !

Aujourd’hui, de l’ancien café, il ne reste plus qu’un magnifique bar des années 1950, dans une salle qui abrite désormais le café-galerie de la Taverne Gutenberg. Les murs, les escaliers, et même les plafonds de l’immeuble portent les traces colorées de différents artistes qui y sont passés (plus de 500 artistes y ont été exposés depuis sa création). Au premier étage, les anciens appartements ont été transformés en salle d’exposition et en bureaux, sur 90 m². Au deuxième étage se trouvent les ateliers de six artistes résidents, ouverts aux visiteurs. « Nous sommes une plateforme de diffusion et de création dont l’objectif est de favoriser la rencontre avec le public », explique Maïa.

Des rencontres à tous les étage

Le partage avec le public passe aussi par les liens tissés dans ce quartier « historiquement » algérien. « Nous avons des échanges avec la mosquée voisine, et l’association de soutien aux Chibanis (terme qui désigne les aînés en Maghrébin, ndlr) Olivier des Sages », rapporte Maïa. La Taverne Gutenberg mène également des actions avec des centres sociaux du quartier. Récemment, une personne en service civique, Millie, a été recrutée sur un poste dédié à la médiation culturelle, pour aller encore plus loin dans l’intégration sociale. « Lors du vernissage de l’exposition d’Abdoul Khadre Seck, artiste sénégalais, il y avait toute la communauté sénégalaise, des Chibanis, des familles, des élus… un vrai melting-pot ! C’est exactement ce qu’on cherche », affirme Maïa.

Local et global

Accueillant régulièrement des artistes venus de l’étranger, la Taverne Gutenberg a aussi une dimension internationale. « Nous gérons en parallèle une résidence artistique à Manille, aux Philippines, où nous travaillons avec des associations locales, et où nous envoyons régulièrement des artistes », explique Maïa, qui a grandi aux Philippines. « Je suis environ six mois par an aux Philippines, et j’ai également des projets, en tant qu’artiste, sur d’autres continents », explique Henri. À Lyon, aussi, la Taverne voyage, avec des projets hors les murs. Depuis septembre 2018, ses équipes ont investi, avec d’autres collectifs, les Ateliers La Mouche, Intermède et l’École Urbaine de Lyon, une friche de 1 200 m² dans le 7e arrondissement, baptisée Les Halles du Faubourg. Au programme de cette occupation temporaire : expositions, performances, ateliers et buvette. Une aventure nouvelle, mais toujours haute en couleur.


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