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INITIATIVE – Que faire des drêches, les résidus des céréales après la phase de brassage ? C’est un produit utile : certains s’en servent pour la cuisine ou pour faire des meubles, d’autres pour nourrir les bêtes ou fabriquer de l’énergie…

Outre le verre des bouteilles, les brasseurs doivent gérer les stocks importants de drêches, ces résidus du brassage des céréales utilisés pour la conception de la bière. Environ une vingtaine de kilos de drêches sont produits pour chaque hectolitre brassé. Et en 2017, la France a produit 21,5 millions d’hectolitres de bière (2 milliards de litres)…

Des brasseries, on en compte plus de 1 400 sur le territoire, selon le biérologue Emmanuel Gillard, qui les comptabilise sur une carte interactive. Les établissements naissent aussi bien dans les campagnes que dans les plus grandes villes, puisqu’on brasse même à Paris. Le spécialiste de la fine mousse pense que, d’ici fin 2020, les brasseries devraient être plus de 2 000. Résultat : les brasseurs doivent se débarrasser de plus en plus de drêches.

Les établissements produisant plus de 10 tonnes de déchets doivent les valoriser. De nombreux brasseurs, dans ce cas, font appel à des sociétés de collecte comme Love Your Waste, qui collectent et transforment les drêches, notamment, en énergie.

Mais il y a d’autres options. Faisons le point.

Quelles sont les solutions ?

La première option, c’est la plus simple, consiste à jeter les résidus dans des bacs à compost. Les drêches peuvent également servir d’engrais. Certains brasseries (exemple : celle du Vauret, près d’Orléans) proposent aussi les drêches à des éleveurs, des agriculteurs. Car les drêches, riches en protéines, vitamines B et en minéraux, peuvent nourrir les poules et les vaches.

Troisième piste : utiliser les drêches pour fabriquer du biogaz (à partir de déchets organiques). Des drêches de certains brasseurs sont méthanisées. Des drêches, on en retrouve également à la station de bio-méthanisation de Cernay-les-Reims (Grand Est), qui collecte les déchets agricoles et notamment les drêches d’une distillerie. Autre ingrédient indispensable pour fabriquer de la bière, la levure est également reprise dans des centres de méthanisation.

Des drêches au cookies

Les drêches, ensuite, peuvent avoir une nouvelle vie, elles peuvent être intégrées… dans la cuisine. Et certaines entreprises se positionnent sur ce secteur. Avec les drêches, oui, on peut cuisiner des pâtes fraîches (ce que fait “Ramen tes drêches”, qui a un partenariat avec Bab bap, par exemple), des cookies (Happy drêche, à Lille), des barres de céréales (Regrained, aux Etats-Unis), des biscuits apéritifs salés (Beer Food, en Belgique, ou Resurrection en France, qui récupère les drêches à la micro-brasserie de l’Etre, à Paris). On peut également incorporer de la farine à base de drêche dans de la farine à pain.

Enfin, les drêches peuvent être utilisées pour fabriquer… des meubles. Le designer et ébéniste Franck Grossel a sauté le pas, lui qui mélange bois et céréales compactés pour ses œuvres.


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