SUR LES PLANCHES – Anne-Cécile Vandalem sensibilise avec sa pièce Arctique sur l’exploitation minière du Groenland, victime du réchauffement climatique.

Sur scène, l’ambiance est lugubre, étrange, presque flippante avec la musique, les voix des comédiens et la lumière si rare. Ambiance de fin du monde assurée. La metteure en scène belge Anne-Cécile Vandalem nous envoie en 2025, dans l’Arctique, au large du Groenland. Sept personnes se retrouvent dans un ancien navire qui avait heurté, dix ans plus tôt, une plateforme pétrolière, provoquant la mort d’une militante écologiste qui luttait contre l’exploitation minière au Groenland, un territoire détenu par le Danemark. Et on comprend rapidement que les personnages ont tous un lien avec ce drame. Parmi eux, un journaliste ou, encore, une ex-ministre danoise.

« Situation difficile »

La troupe nous propose un thriller politique, voire policier assez secouant. Or, derrière ce cadre se cache aussi un conte futuriste, une fable d’anticipation écologique. La metteure en scène imagine une Europe qui sombre dans la guerre et peuplée d’habitants voulant rejoindre les terres attractives du nord du globe terrestre. Car, dans l’histoire, le Groenland a pris son indépendance et le sol est fertile.

Le spectacle évoque le réchauffement climatique et la répartition des ressources naturelles exploitables – minières et énergétiques – tant convoitées par les puissances internationales comme la Russie, la Chine et des pays européens. Chacun réclame sa part du gâteau, gourmand.

« La situation est très difficile, très grave, et elle nous concerne tous“, expliquait Anne-Cécile Vandelem à Avignon, quand elle a présenté son spectacle l’an dernier. Un spectacle qu’elle a écrit après s’être rendue sur place pour observer et comprendre les ravages de l’extraction de l’uranium, rendue possible par la fonte des glaces.

Jusqu’au 10 février, à Odéon, théâtre de l’Europe, aux Ateliers Berthier, Paris 17ème