BIEN MANGER – Envie de poisson pour Noël ? Voici quelques informations pour réduire l’impact de votre consommation sur l’environnement.

Y aura-t-il encore des animaux dans l’océan dans 50 ans ? On ne s’en rend pas forcément compte, parce qu’ils ne sont pas sous nos yeux, mais les stocks de poissons diminuent dangereusement. Les réserves exploitées à un niveau biologiquement durable sont passés de 90 % en 1974 à 67 % en 2015. Et cela ne va pas en s’arrangeant. Selon le rapport 2018 de la FAO, les stocks continuent de décliner.

Réduire notre consommation de poissons reste le meilleur moyen d’enrailler ce phénomène. Mais, à défaut de s’en passer, il est possible d’adopter une consommation plus durable.  

Sur les étals des supermarchés : peut mieux faire…

L’UFC – Que Choisir s’est penchée, dans une enquête diffusée le 17 décembre, sur les pratiques de la grande distribution concernant les trois poissons de consommation courante menacés par la surpêche : le cabillaud, la sole et le bar. D’après l’association, sur les étals des principaux supermarchés, dans deux tiers des cas, les mentions obligatoires, indiquant les zones et les techniques de pêche, sont « absentes, fantaisistes ou trop vagues ». De plus, 86 % des poissons examinés sont « non-durables », soit parce qu’ils viennent de zones surexploitées, soit parce que les méthodes de pêche utilisées sont contestables. Le chalut de fond, en particulier, impacte l’écosystème marin.

L’association conseille de diversifier les achats en privilégiant les espèces dont les stocks sont les plus fournis comme le lieu noir, le merlan, le hareng ou encore le maquereau, et de proscrire les achats de poissons de grands fonds, notamment le sabre noir, le grenadier, et la lingue bleue qui sont en danger.

Quelles méthodes de pêche privilégier ?

Comme l’explique l’association de défense des océans Bloom, dans une infographie, les méthodes de pêche qui ont le moins d’impact sur l’environnement sont la pêche à la senne sur banc libre (un grand filet déposé en surface sur la côte), la pêche à la ligne de traîne ou de main, et la pêche au casier. La pêche au chalut pélagique est jugée en demi-teinte par l’association, qui explique que ce sont surtout les volumes pêchés avec cette méthode qui posent problème. Les autres méthodes telles que le chalut de fond, la palangre dérivante ou encore la drague sont donc à éviter.

À lire aussi : Comment choisir son chocolat

Un label critiqué

L’un des labels les plus connus est le poisson sur fond bleu du MSC (Marine Stewardship Council). Créé il y a 20 ans par le WWF et la multinationale de l’agroalimentaire Unilever, il est censé garantir une pêche qui respecte l’environnement, mais il est régulièrement critiqué par les associations. L’association BLOOM estime qu’il n’y a aujourd’hui aucun label qui certifie une pêche vraiment durable. Elle note toutefois que les labels spécifiques tels que « bar de ligne » ou « huîtres traditionnelles » peuvent être utiles.

Des distributeurs qui s’engagent

Il est possible de trouver du poisson issu de pêche durable dans certaines poissonneries ou dans certains marchés. C’est une recette d’antan mais qui marche toujours : se renseigner auprès des vendeurs et des producteurs.

Autrement, pour ceux qui veulent s’éviter des déplacements, des services de commande en ligne se sont développées ces dernières années. Le site Poiscaille, notamment, s’engage à proposer des produits de la mer issus de pêche durable, en France, avec une juste rémunération des pêcheurs. Le client peut choisir de recevoir un panier de poisson à un rythme hebdomadaire, bimensuel ou mensuel. Chaque fois, il peut choisir entre différentes combinaisons de produits en fonction de la pêche du jour.

Il y a également le site Ô Poisson, créé par des trentenaires issus d’une famille de pêcheurs et installés au Sables d’Olonne, qui permet d’acheter du poisson en ligne. Ils disent vouloir proposer des produits de saison issus d’une pêche durable et privilégiant la pêche française. Ils s’approvisionnent en grande partie à la criée, mais proposent également des produits d’élevage ou d’import.

Et le saumon ?

C’est un peu le péché mignon de Noël, car, au fond, nous savons que c’est mal. En vingt ans, la population du saumon atlantique a été divisée par deux selon les estimations. Aujourd’hui, plus de 90 % du saumon atlantique consommé est issu de l’élevage. Mais cela n’est pas sans impact sur l’environnement, car ce saumon est nourri avec des poissons eux-mêmes issus de la surpêche. L’an dernier, une enquête de 60 millions de consommateurs avait révélé que le saumon bio était plus contaminé en métaux lourds et pesticides que le saumon conventionnel. C’est parce que ces saumons sont nourris de poissons eux-mêmes contaminés dans l’océan. Les doses restent toutefois en dessous des doses autorisées. La truite fumée bio, élevée en France, peut être une alternative plus durable au saumon, d’autant qu’elle a la réputation d’absorber moins de polluants.


Commentaires