DANS L’ACTU – A partir du 1er janvier 2019, la vente de pesticides chimiques de synthèse va être interdite aux particuliers en France. Des alternatives au tout-chimique existent déjà. Une entreprise innovante basée dans la Drôme mise depuis 30 ans sur les insectes pour protéger jardins et potagers. 

Les insectes ont beaucoup à nous apporter”, explique Thierry Micalet, Business Unit Manager, au sein de Bioline Agrosciences. Depuis près de 30 ans, cette entreprise française développe en partenariat avec l’INRA des solutions s’inspirant du vivant pour protéger les cultures. Elle s’appuie sur l’expertise d’entomologues et d’agronomes pour répondre aux besoins des professionnels, des collectivités et des particuliers. Si jusqu’à ce jour les produits chimiques étaient encore largement utilisés par les jardiniers amateurs, ces derniers vont devoir changer leurs habitudes. La loi de transition énergétique pour la croissance verte a déjà contraint les collectivités à passer au zéro pesticide dans les espaces publics en 2017. A partir du 1er janvier 2019, les herbicides, fongicides et insecticides chimiques ne seront plus commercialisés. Alors comment lutter efficacement contre les pucerons, les chenilles et les papillons de la pyrale du buis  ? “En utilisant leurs prédateurs naturels“, explique Thierry Micalet.

Des larves de coccinelle pour protéger vos rosiers

Un élevage de coccinelles, très utiles pour lutter contre les puceronsLes coccinelles se nourrissent de pucerons. Il suffit de les positionner au bon moment pour bénéficier de leur appétit vorace. Concrètement, les coccinelles sont proposées au stade larvaire, pour agir sur des petites plantes. Les coccinelles adultes sont très efficaces pour les arbres et les grandes plantes. Une coccinelle consomme environ 20 à 100 pucerons par jour. Il faut cependant attendre d’avoir des pucerons avant d’ installer des coccinelles dans votre jardin. L’arrivée des pucerons commence généralement en avril. C’est donc la meilleure période pour entamer la lutte biologique contre ces insectes ravageurs.

Des trichogrammes contre le papillon de la pyrale du buis

Ces dernières années, un nombre croissant de jardins ont été touchés par un fléau d’origine asiatique : la pyrale du buis. Ces chenilles de couleur vert jaunâtre et à tête noire, dévoreuses de feuilles hivernent dans les buis, avant de se transformer en papillon vers avril-mai. Ces papillons vont ensuite pondrent des oeufs et engendrer une nouvelle génération de chenilles. Pour protéger les feuilles des buis, les trichogrammes sont très utiles. Ces micro-insectes de la famille des abeilles ont la particularité de parasiter les oeufs de pyral du buis, et donc d’empêcher leur développement.

Des acariens contre les araignées rouges

Une attaque d’araignées rouges se caractérise par une plante qui se dessèche du fait que sa sève est aspirée par ces parasites. Elles s’attaquent au plantes dans les vérandas, et plus rarement aux légumes, fleurs et arbustes. La chaleur accélère leur prolifération , les œufs pondus éclosent en quelques jours et les nouvelles pontes sont extrêmement rapides. L’acarien phytoseiulus est très efficace contre l’araignée rouge en raison de sa voracité et de son développement rapide. Cet acarien prédateur peut avaler jusqu’à cinq araignées adultes, et 20 œufs ou larves par jour. Quand il n’y a plus de proies, le pytoseiulus ne peut plus survivre.

Un marché en plein développement

Ce marché des insectes prédateurs, encore confidentiel, il y a quelques années, va probablement se développer dans les années à venir.  “L’utilisation des insectes pour lutter contre les ravageurs progresse de 20 % depuis deux ou trois ans “, analyse Thierry Micalet. Et il reste encore de nombreuses choses à découvrir. “Dans notre biotech, nous disposons par exemple de 700 souches différentes de  trichogrammes, des micro-insectes, très utiles, mais encore faut-il trouver quelles sont leur proies naturelles !” D’autant que les menaces se sont diversifiées ces dernières années. Les échanges mondiaux ont fait voyager les espèces au-delà des frontières. Des ravageurs exotiques se sont adaptés à nos contrées et sont encore difficile à combattre. C’est le cas de la punaise diabolique originaire d’Asie. Cet insecte envahisseur est un véritable fléau pour les vergers. Particulièrement friande de fruits et de légumes, elle représente une menace pour les insectes locaux. Dans ce cas, les pièges à partir de phéromones peuvent être très utiles. “La réponse est dans l’observation du vivant“, conclut Thierry Micalet.


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