RENCONTRE – Le dernier numéro d’UP le mag explore les enjeux de la mobilité de demain. Comment concilier la réduction des émissions de CO2 tout en répondant aux besoins sociaux de la population ? Le covoiturage solidaire apparaît comme une solution. 

Arnaud Delcasse, cofondateur de Scity.coop

Rencontre avec Arnaud Delcasse, cofondateur de Scity.coop, un projet né en région PACA. Un acteur du changement que nous vous présentons en partenariat avec Ashoka, premier réseau mondial d’entrepreneurs sociaux. 

Quelle est la vocation de Scity.coop ?

Notre vocation est de développer des solutions pour répondre à la fois aux enjeux environnementaux et sociaux autour de la mobilité du quotidien. De nombreuses personnes sont seules au volant de leur voiture chaque jour pour aller travailler et cela a un impact non négligeable sur nos émissions de CO2. Et dans le même temps, en France, près de la moitié des personnes en insertion refusent un emploi ou une formation à cause de difficultés de déplacement, parce qu’elles n’ont pas de voiture, ou parce qu’elles sont éloignées des transports en commun. Pour répondre à ces problématiques sociales et environnementales, nous avons développé une application de covoiturage solidaire. Économiser de l’argent dans ses trajets de tous les jours, sans contrainte, en ayant un impact social, tout en préservant la planète, c’est aujourd’hui possible, grâce à l’application ridygo.

Comment fonctionne cette application ?

Notre application est centrée sur la flexibilité. Nous proposons actuellement des trajets de covoiturage courte-distance en temps réel sur l’ensemble du territoire français, et particulièrement avec des entreprises, des collectivités ou des acteurs de l’insertion sociale par exemple en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Occitanie, Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Île-de-France. Nous avons créé un système de monnaie virtuelle entre les passagers et les conducteurs. Le conducteur peut utiliser ses crédits pour devenir passager à son tour ou le transformer s’il le souhaite en argent réel. Il est rémunéré alors à hauteur de 8 centimes par km.  Nous redistribuons cependant la moitié de notre commission sur chaque trajet effectué pour financer les déplacements en covoiturage de personnes en situation de précarité. Notre application a donc un impact environnemental mais aussi social.

Comment développez-vous ce covoiturage solidaire ?

Nous avons noué des partenariats avec des acteurs locaux de l’insertion : Pôle emploi en Provence-Alpes-Côte d’Azur, des missions locales, des collectivités, des centres d’action sociale ou des Plans locaux d’insertion qui se chargent d’identifier les personnes en précarité qui ont besoin de se déplacer et que nous accompagnons à travers le covoiturage sous différentes formes. De nombreuses collectivités s’intéressent à la mobilité inclusive, car c’est un véritable enjeu pour l’insertion des personnes en recherche d’emploi. Sur le territoire de Belfort, par exemple, le Plan local d’insertion et d’emploi accompagne plus de 300 bénéficiaires. Nous apportons notre outil numérique et nous formons les acteurs sociaux à l’utilisation de la plateforme de mise en relation. Nous sommes présents dans de nombreuses régions et espérons contribuer à réduire les inégalités liées à la mobilité.

Le cœur de métier de l’ONG Ashoka depuis plus de 35 ans est d’identifier, soutenir et faire grandir des entrepreneurs sociaux qui apportent des solutions à grande échelle aux enjeux sociaux et environnementaux contemporains. Elle soutient près de 3 300 “Fellows Ashoka”, dans 85 pays. 

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