RENCONTRE – Depuis La Réunion, Étienne veut sensibiliser ses confrères pour qu’ils modifient leurs comportements dans les cabinets de kinésithérapie. Il s’apprête à lancer un label vert pour les masseurs aux pratiques vertueuses, le “label écokiné”.

Comme de nombreuses personnes, la démission de Nicolas Hulot, à la fin de l’été dernier, ne l’a pas laissé insensible. Cela l’a incité à « bouger, à faire des choses » pour sauvegarder la biodiversité, la nature et les montagnes qu’il aime tant. Pour y parvenir, Étienne, kinésithérapeute depuis plusieurs années, modifie ses comportements au niveau individuel, mais pense qu’il a une carte à jouer au niveau professionnel. Sa volonté : sensibiliser ses confrères et consœurs pour qu’ils et elles évoluent et respectent davantage la planète, à travers des gestes simples, au quotidien. À 26 ans, il a pu travailler, lors de remplacements, dans quelques cabinets, ce qui lui a permis d’observer comment ses collègues travaillaient. Et de réfléchir à des axes d’amélioration.

Étienne commence par laisser un message dans le groupe Facebook des kinés de France et s’aperçoit qu’il y a une demande de la part de nombreux soigneurs. « J’aurais rien fait, dit-il, si personne n’avait réagi. » Ce n’est pas le cas, alors il crée le  groupe Facebook « Label écokiné », qui regroupe aujourd’hui plus de 900 membres. Depuis Saint-Joseph, sur l’île de La Réunion, où il s’est installé il y a quelques mois, il découvre des kinés aux pratiques vertueuses tant au niveau du chauffage que sur le tri des déchets. But du jeu : partager conseils et bonnes actions écolo.

Une communauté d’entraide

« De nombreux kinés utilisent des rouleaux de papier à mettre sur les tables de massage. Après le passage de chaque patient, la partie découpée part à la poubelle. Et c’est un déchet qui n’est pas recyclé, il est sans doute incinéré. C’est une question de facilité, c’est plus simple de prendre du papier jetable, mais certains proposent aux patients de venir avec leur serviette. Les cabinets peuvent utiliser une serviette ou un drap lavable nominatif pour chaque patient. »

Par ailleurs, souvent, les masseurs achètent des crèmes et des huiles de massage dans des pots de petite taille. Pour Étienne, opter pour des récipients plus volumineux permet d’éviter de « jeter trop souvent des petits tubes ».

Mais l’idée n’est pas de pointer du doigt les mauvaises pratiques et de critiquer les kinés. Dans un esprit constructif, Étienne entend créer une communauté – sur le groupe – d’entraide pour que chacun avance, à son rythme, à son niveau, comme il peut. Et notamment dans les domaines plus généralistes comme le ménage, avec l’utilisation de produits d’hygiène plus sains, moins cancérigènes, comme le bicarbonate de soude, les huiles essentielles et le vinaigre blanc, ou, encore, l’initiative consistant à coller un sticker « stop pub » sur la boîte aux lettres pour ne pas gaspiller trop de papiers.

Des étoiles pour s’engager et sensibiliser

Son initiative en est à ses balbutiements. Avec sa compagne, également kiné, il s’apprête à créer – d’ici la fin d’année – une association qui lui permettra, à terme, de délivrer aux cabinets un label vert (le label éco-kiné) sous forme d’étoiles (ils pourront en obtenir jusqu’à trois).

En décembre prochain, Étienne sondera les cabinets volontaires pour diagnostiquer leurs pratiques en ce qui concerne les achats, le tri des déchets, le ménage, l’énergie, l’électricité, etc.

Et chaque centre de kinés pourra ensuite, en vue d’obtenir des étoiles, s’engager sur un ou plusieurs thèmes pendant une année. Et pour contribuer à sensibiliser les patients, les lauréats (le label sera annuel) seront invités à accrocher au mur de la salle d’attente une affiche !


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