INITIATIVE LOCALE – A Troyes, dans l’Aube, des citoyens ont créé l’association Un digne toit, en 2013 pour aider des familles en difficulté à se loger. Leur action solidaire de proximité  a permis d’éviter à cinq familles de dormir dans la rue.

Ce samedi 17 novembre, l’association Un digne toit va organiser son premier festival solidaire, “Nuit pour un toit” à la Chapelle Argence, un lieu culturel de la ville. Concerts de groupes et d’artistes locaux, lectures, slams sont au programme de cette soirée destinée à récolter des fonds pour financer la prise en charge de familles sans solution de logement.

L’objectif est également de rassembler les habitants autour des valeurs de partage et de multiculturalisme. L’association Un digne toit est née à l’initiative d’un groupe d’enseignants d’un collège de Troyes : “Un jour, l’un des élèves du collège est arrivé en pleurs. Sa famille, d’origine bangladaise, venait d’apprendre que l’hôtel dans lequel elle vivait dans l’attente de leur régularisation administrative, ne les logerait plus le soir même“, explique Hubert Laurent, le président de l’association, un ancien éducateur spécialisé, aujourd’hui retraité.

Impossible pour ces enseignants d’envisager qu’un de leurs élèves se retrouve dehors. La solidarité doit s’organiser, une dizaine de personnes se mobilisent, et un logement est trouvé à la famille. Pour financer en partie le loyer, ces citoyens ont l’idée de créer l’association Un digne toit. Une trentaine de personnes rejoint la troupe. L’argent des adhésions (5 euros par personne) permet de prendre en charge le coût du logement.  5 ans plus tard, 90 personnes font aujourd’hui partie de l’association. Grâce aux dons, aux adhésions  et aux collectes organisées par l’association, 5 familles ont évité de se retrouver à la rue.

Le pari de la solidarité de proximité

Un digne toit est une association sans logementNous croyons davantage aux initiatives locales pour agir face au problème du logement pour des familles en difficulté“, explique Hubert Laurent. Pas question pour l’association de se substituer aux systèmes d’aides en place, mais face à la saturation des hébergements d’urgence et aux situations complexes, l’association souhaite apporter un soutien pour permettre à chaque famille de rebondir : “Chaque famille a son histoire, son vécu, souvent les gens ont surtout besoin qu’on les sécurise pour pouvoir avancer et cela passe par le logement.

L’association a mis en place des partenariats avec des bailleurs sociaux pour trouver des appartements à loyer modéré. L’idée est de financer les loyers pour une durée de un à deux ans, avec l’objectif de transférer le bail établi dans un premier temps au nom de l’association à la famille soutenue, afin qu’elle retrouve son autonomie, une fois ses difficultés résolues. Des bénévoles accompagnent les familles dans leurs démarches, des enseignants retraités proposent des cours de français pour les familles étrangères, demandeuses du droit d’asile. La solidarité s’organise à différents niveaux, et chacun peut contribuer en fonction de ses compétences.

La première famille aidée par l’association fait aujourd’hui partie des adhérents d’Un digne toit. Un cercle vertueux, car cela donne l’opportunité à ceux qui ont bénéficié de soutien, dans un moment difficile, d’offrir à leur tour leur soutien. L’association est surtout un moyen de mettre en relation des personnes partageant des valeurs communes : le partage, la solidarité. Tout au long de l’année, des sorties et des pique-niques sont organisés ou proposés spontanément par les adhérents pour mieux connaître les familles aidées. “Des liens se créent au quotidien entre des personnes issues de mondes très différents, et c’est ce qui fait la force et la richesse de notre initiative“, conclut Hubert Laurent.


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