CONSOMMATION –  Gels douche, shampoings, dentifrices, rouges à lèvre, fonds de teint… Les formules de près de 135 000 produits d’hygiène et de cosmétique du quotidien ont été passées au crible par l’association UFC – Que Choisir. Ces données sont disponibles sur l’application participative QuelCosmetic, qui permet aux consommateurs d’éviter les produits à risque. 

QuelCosmetic, l’appli gratuite créée par l’association UFC – Que choisir, a été téléchargée par 900 000 personnes depuis son lancement au printemps dernier. Un succès qui répond à une demande de plus en plus forte de transparence de la part des consommateurs. Le concept de QuelCosmetic est simple, il suffit pour l’utilisateur de scanner le produit qui l’intéresse, et il est immédiatement informé de la présence ou non des molécules chimiques indésirables, potentiellement toxiques pour la santé humaine.

L’application s’appuie sur les récentes études scientifiques et sur la réglementation européenne pour éclairer le consommateur. Une liste de produits jugés sans risque est systématiquement proposé : “L’objectif est vraiment de permettre aux utilisateurs de consommer mieux“, précise Raphaëlle Vincent, cheffe de projet de l’application à UFC – Que Choisir.

Crèmes teintées, rouges à lèvres, déodorants à éviter…

Les composés indésirables ne sont pas rares dans les cosmétiques. Une femme peut déposer au cours de sa vie sur sa peau de nombreux produits, de la crème hydratante en passant par le maquillage, on peut en compter une dizaine. Conservateurs, antioxydants, émollients, les produits d’hygiène et de bien-être contiennent de nombreux composants chimiques aux effets mal maîtrisés sur le long terme. Les perturbateurs endocriniens sont particulièrement à bannir.

Sur les 135 000 produits répertoriés dans la base de données de l’application, 40 000 sont à éviter. Un cosmétique sur trois contient des substances indésirables. En tête des cosmétiques les plus à risque se trouvent les rouges à lèvres dont 82 % contiennent des hydrocarbures toxiques ou cancérogènes. On trouve également des colorants fortement allergisants dans 80 % des teintures capillaires, ou encore des filtres UV et des émollients perturbateurs endocriniens dans près de trois quarts des crèmes teintées pour le visage. Les déodorants anti-transpirants sont à fuir également en raison de la présence d’aluminium dans leurs formules.

Les composants chimiques décryptés

Les ingrédients présents dans les formules chimiques des produits d’hygiène ne sont pas toujours évidents à comprendre. L’application propose donc également des fiches techniques pour s’y retrouver.

UFC Que choisir décrype les formules des produits du quotidien

Les parabens sont considérés comme des perturbateurs endocriniens. les plus dangereux (isobutyl, isopropyl, benzyl, pentyl, phenylparaben) sont interdits depuis 2014. Mais le butylparaben et le propylparaben restent autorisés. On en trouve encore dans certaines lingettes utilisées pour le change   des bébés et pour l’hygiène du visage et des mains.

UFC Que choisir

Le BHT est un agent antioxydant qui permet d’éviter l’oxydation des  émulsions grasses. On le retrouve dans les baumes à lèvres, certains masques pour le visage et certains gels lavants surgras. Problème, le BHT est suspecté d’être un perturbateur endocrinien. L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a donc saisi les autorités européennes pour que soient réévalués ses effets sur le système hormonal, la reproduction, ainsi que son éventuelle action cancérogène.

La consommation responsable au service de sa santé

Globalement, les produits bio sont assez sains, et certains produits de marques classiques non bio sont sans risque, alors que certaines marques de luxe figurent parmi les mauvais élèves. Pas question de juger les promesses marketing, et l’efficacité supposé d’un produit, UFC – Que choisir se concentre sur les formules des produits pour faire évoluer les pratiques des industriels et stimuler l’innovation au service de l’intérêt général : “L’objectif de cette application est aussi d’amener les fabricants à faire évoluer leurs formules pour répondre aux attentes des consommateurs, de plus en plus soucieux de leur santé“, poursuit Raphaëlle Vincent.

Une tendance confirmée par la dernière étude de l’Adème sur les Français et la consommation responsable publiée en 2017.  71, 5 %  des Français se sentent aujourd’hui concernés par la démarche qui consiste à consommer de manière plus éthique. Et pour plus de 40 % d’entre eux, le principal levier de motivation est la santé. De quoi donner des idées à l’association UFC – Que choisir, qui pourrait poursuivre son travail d’information auprès des consommateurs en proposant, pourquoi pas, une application dédiée aux produits ménagers, tels que la lessive, le liquide vaisselle ou tous les autres produits utilisés au quotidien pour nettoyer sa maison.


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