L’afflux de réfugiés en France a entraîné depuis deux ans une grande vague de solidarité citoyenne. Si vous aussi, vous souhaitez vous engager auprès des réfugiés, voici quelques pistes.

Enseigner le français aux migrants

Bertrand Guillot ne se définit pas comme un militant, mais bien comme un simple citoyen sensible à la situation des réfugiés. Il a décidé de rejoindre l’association Entraides-Citoyennes à Paris parce qu’il ne pouvait pas « fermer les yeux ». Aujourd’hui, il enseigne bénévolement les bases du français à un groupe d’hommes issus de pays différents. Un soir par semaine, il retrouve ses élèves au Petit Ney, un café associatif situé dans le 18e arrondissement de Paris.

« Nous utilisons des livres pour enfants et des manuels scolaires, l’idée est vraiment d’être le plus concret possible afin qu’ils puissent acquérir les bases du vocabulaire pour savoir se présenter, demander leur chemin, se repérer dans le métro », explique-t-il. Il n’est pas nécessaire d’être enseignant pour aider les réfugiés, toute personne motivée est la bienvenue et est systématiquement encadrée par des bénévoles plus expérimentés.

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Entraides citoyennes à Paris

Asti Bordeaux

Caritas Alsace à Strasbourg

Héberger un mineur isolé

De nombreux migrants, encore mineurs, arrivent en France dans l’espoir de commencer une nouvelle vie. Mais bien souvent, ils errent dans les rues de la capitale et sont confrontés à la dure réalité de la rue. Ils viennent du Mali, d’Afghanistan ou encore d’Érythrée, et une fois arrivés en France, ils ne sont pas forcément pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance.

Pour les protéger et leur offrir un peu de chaleur humaine, en attendant que leur minorité soit validée par les autorités compétentes, l’association Utopia56, présente à Tours, Paris ou encore Rennes, s’appuie sur un réseau de citoyens, prêts à offrir gracieusement une chambre et des repas à ces adolescents isolés. « Nous faisons signer une convention entre le jeune et la famille qui l’héberge. Tout ce dispositif est encadré par des bénévoles référents d’Utopia56  », précise Valérie Le Bloa, bénévole de l’association.

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Utopia 56

Partager votre passion

L’association Singa met en relation des réfugiés avec des citoyens de leur pays d’accueil. L’association a réussi le pari de fédérer autour de sa plateforme web toute une communauté de Français et de réfugiés prêts à se rencontrer autour d’intérêts communs (danse, photo, théâtre, musée, etc.). Le dispositif est très simple, pour devenir un « buddy » (copain en français) il suffit de participer à une réunion d’information, puis, en fonction de ses passions, d’organiser les activités que l’on souhaite partager. « Si vous êtes passionné de théâtre, il est tout à fait possible, par exemple, de proposer un cours de théâtre pour les réfugiés », détaille David Robert, directeur général adjoint de Singa France.

L’objectif est de faciliter l’intégration des nouveaux arrivants en les aidant à développer une vie sociale. Pour les citoyens, c’est une belle opportunité de s’enrichir humainement et intellectuellement auprès de personnes au vécu très fort. L’association propose cette mise en relation à Paris, Lyon, Montpellier, Lille, Saint-Étienne et Grenoble.

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Singa

Accompagner un étudiant

L’association Wintegreat a été créée par des étudiants d’ESCP Europe, une école de commerce française. Son objectif est de donner la possibilité aux réfugiés et demandeurs d’asile de trouver une voie qui leur correspond en France. Et ce, grâce à l’éducation et à des activités professionnelles en accord avec leur parcours. « On a rencontré beaucoup de personnes qui nous expliquaient que leurs compétences n’étaient pas reconnues ici, et le but est d’éviter ce sentiment de « déclassement » par rapport à leur statut dans leur pays d’origine », explique Marguerite, bénévole de l’association.

Pour aider ces jeunes à identifier un projet professionnel et à maîtriser les codes de la recherche d’emploi en France, l’association a besoin de mentors prêts à accompagner ces jeunes réfugiés bénévolement.

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Wintegreat

Échanger des compétences

La Fabrique nomade œuvre en faveur de l’insertion professionnelle des artisans migrants et réfugiés en France. Cette association a été fondée en 2016 par l’ethnologue Inès Mesmar. Lui a découvert que sa mère était brodeuse à Tunis avant d’arriver en France. « J’ai voulu aider ces hommes et ces femmes qui, comme ma mère, avaient renoncé à exercer leur métier en France », explique-t-elle. L’objectif de l’association ? Lever les freins à l’évolution de ces personnes souvent condamnées à exercer des métiers sous tension dont les entreprises connaissent des difficultés de recrutement (sécurité, ménage) alors qu’elles disposent d’un savoir-faire.

Pour accompagner les artisans migrants, l’association s’appuie sur des artisans bénévoles prêts à partager leurs connaissances du marché et leurs compétences. Vous êtes couturier, ébéniste, artisan-potier ou expert en métallerie d’art ? N’hésitez pas à rejoindre l’équipe de bénévoles de l’association dès septembre.

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La fabrique nomade

Cet article est un extrait du magazine UP n°21 et son dossier consacré à l’habitat écologique et solidaire, à retrouver, en version numérique ou papier, sur notre boutique en ligne.
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