INITIATIVE – Dans sa boutique chaleureuse, Cindy donne un coup de jeune aux chaussures et accessoires, en misant sur la personnalisation et l’écologie.

Cindy et son apprentie Héloïse

Il fut un temps où porter ses chaussures chez le cordonnier du coin pour les faire réparer était un réflexe. Puis les modes ont changé, les gens se sont mis à jeter plutôt que réparer, et ces boutiques se sont faites plus rares. Pourtant, avec sa boutique L’Atelier de la cordonnière, ouverte en mars 2018, Cindy Vésin, à Tours, prouve que ce métier peut tout à fait être dans l’air du temps, avec un style et des pratiques réinventés.

La jeune femme, âgée de 29 ans, s’est formée à la cordonnerie après avoir travaillé quelques années dans le commerce automobile, à Paris. « J’ai toujours eu envie de faire quelque chose de mes mains, alors je suis allée sur artisanat.fr et j’ai regardé ce qui pourrait me plaire. Je m’étais arrêtée sur trois métiers : pâtissière, peintre en bâtiment ou cordonnière. Sachant que le métier de peintre recrutait peu, j’ai testé un stage en cordonnerie, et j’ai adoré. C’est un métier où on ne s’ennuie jamais », affirme-t-elle. C’est ce qu’on appelle avoir trouvé chaussure à son pied. Après avoir suivi un formation, elle a travaillé plusieurs années dans différents types de cordonneries, puis elle s’est mise à son compte dans sa région d’origine, avec la volonté de « répondre aux besoins actuel des gens, dans un environnement jeune et souriant ».

Une cordonnerie 2.0

« Si on veut que ça fonctionne, il faut être original », estime cette artisane dynamique. Pour cela, elle mise sur la personnalisation, en proposant de « remettre au gout du jour » les chaussures et accessoires apportés par ses clients, par exemple, en changeant des couleurs ou les matières. Elle propose également des réparations en cuir végan et réalise des ceintures sur-mesure avec cette matière d’un nouveau genre, faite à partir de liège. Elle mise également sur des tarifs accessibles, avec, par exemple, des réductions pour les étudiants ou la possibilité de faire faire des réparations en plusieurs fois. Enfin, en phase avec son époque, elle communique beaucoup sur les réseaux sociaux, pour mettre en avant ses créations.

Quelques exemples de créations

« Mon commerce se trouve dans le quartier de la place de la Victoire, à proximité d’un restaurant végétarien et d’une boutique de produits en vrac. Cela va bien avec l’esprit de mon projet », explique Cindy. En effet, l’aspect écolo est au cœur de son concept, puisqu’il s’agit d’encourager à jeter moins. Elle utilise par ailleurs des produits made in France et du cuir au tannage végétal, c’est-à-dire réalisé sans produit chimique. Elle récupère aussi des vieilles chemises, pour en faire des tote bags, et recycle des boucles pour les proposer gratuitement dans ses réparations.

Avec sa vitrine et sa décoration originales, la boutique attire les regards. Les clients viennent d’abord par curiosité, puis se laissent séduire par le concept. « Ça marche du feu de dieu », se réjouit Cindy. La preuve : elle a dû embaucher une apprentie en septembre pour l’épauler.

PS : Cindy cherche un fournisseur de cuir de champignon. N’hésitez pas à la contacter sur Facebook si vous en connaissez.


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