DANS L’ACTU – Chaque jour, des produits pourtant consommables sont jetés à la poubelle. Comment lutter contre le fléau du gaspillage alimentaire ?

Mardi 16 octobre 2018 se tient la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. En France, explique l’Ademe, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont jetées chaque année. Cela représente entre 20 à 30 kg par personne et par an, l’équivalent d’un repas par semaine, dont 7 kg de produits encore emballés, qui sont mis à la poubelle !

Et ça nous coûte cher : entre 12 et 20 milliards d’euros par an en France, ce qui correspond à 159 euros par personne pour les seuls ménages. Et ce, alors qu’un Français sur 10 a du mal à se nourrir en raison d’un salaire trop bas, selon l’Ademe.

D’ici 2050, l’objectif est de réduire le gaspillage alimentaire de 50 % sur l’ensemble de la chaîne alimentaire à l’horizon 2025. En attendant, UP met en lumière des solutions (pas toutes, il faudrait écrire un roman pour cela !) portées par des citoyens ou des entreprises pour que chacun prenne ses responsabilités, passe à l’action et évite de faire déborder sa poubelle.

Le vrac pour reprendre le pouvoir

En amont, il est possible de contrôler notre consommation de déchets en achetant en vrac. Le marché, encore minuscule, a le vent en poupe. On se procure la quantité souhaitée et, donc, on évite de surconsommer. « Des quantités de produits sont achetées, mais pas consommées », regrette, Didier Onraita de Day by Day.

Ne pas oublier les produits du placard

Le gaspillage est souvent dû au manque de clarté concernant les mentions relatives aux dates de péremption des produits, et cela engendre 20 % du gaspillage des foyers, relève l’Ademe.  Autre souci : l’oubli des gâteaux et des boîtes de conserve au fond du placard ou du frigo.

L’application mobile Checkfood agit comme un pense-bête. On entre manuellement la date de préemption des produits achetés dans l’application (un peu fastidieux comme travail, je vous l’accorde). Et l’appli vous avertit quand la date fatidique approche. Ainsi, vous « sauvez » un aliment en le mangeant.

Consommer des invendus « moches », mais bons

L’épicerie rennaise « Nous » vise à récupérer les produits refusés par les circuits traditionnels de distribution. Sur les étalages : des produits hors-calibre (trop petits, trop moches) qui ne peuvent être vendus aux supermarchés, des produits de supermarché dont la date limite d’utilisation optimale (DLUO) est dépassé, mais qui restent comestibles ou encore ceux laissés à charge du transporteur, qui ne les a pas livrés à temps. En savoir plus.

Tous les jours, des fruits et des légumes des commerçants encore consommables, mais un peu abîmés ou moches, partent à la poubelle. Pour éviter le gâchis, l’entreprise Graapz met en lien les consommateurs d’un côté et les supermarchés, les primeurs, les épiceries fines de plusieurs villes, de l’autre. Le concept : les internautes, sur le site de la start-up parisienne s’abonnent pour avoir un panier d’au moins 3 fruits et/ou légumes par semaine (ou achètent des paniers à l’unité). Ils vont ensuite chercher les invendus frais dans le commerce partenaire. Le commerçant et la plateforme se partagent la somme récoltée par l’achat ou l’abonnement.

Avec Too good to go, on peut acheter moins cher les invendus des commerces situés dans les environs. L’appli mobile, qui vous géolocalise, permet à l’utilisateur de découvrir les différentes offres des commerçants, le prix, l’heure de récupération et la disponibilité des produits. Une démarche gagnante pour les consommateurs et les commerçants.

Sauver les aliments… et les offrir aux populations précaires

L’heure est grave, explique Linkee : « Plus de 6 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire. » Linkee fait le lien, grâce aux bénévoles linkeurs, entre les boutiques, les traiteurs, les moyennes et grandes surfaces, ou les festivals, qui ont des surplus alimentaires… et les associations qui distribuent repas, vivres, denrées et produits de qualité à celles et ceux qui sont dans le besoin.

Phénix fait aussi ce travail (entre autres) de sauvetage des aliments en leur offrant une seconde vie en faveur des démunis. « Les déchets ont une matière première et on est là pour révéler notre potentiel », dit l’équipe sur son site.

Fruits, légumes, viande : la collecte de l’association des Eco-Charlie se déroule dans cinq magasins partenaires, trois fois par semaine. L’équipe se mobilise en faveur d’un public précaire ( étudiants, familles modestes ) n’ayant pas toujours les moyens de s’offrir des produits biologiques.En savoir plus.

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