EXTRAIT DU MAG – Depuis plusieurs années, l’habitat alternatif se développe en réponse à la crise du logement. Petit tour d’horizon de ces maisons accessibles aux petits budgets, parfois insolites, mais toujours respectueuses de l’environnement.

La Tiny house, une maison nomade

Lise Gallois habite une Tiny House

©lisegallois

Lise, maman de deux filles âgées de 9 et 13 ans, vit depuis deux ans maintenant dans l’une de ces maisons transportables près de Montpellier. « J’ai déjà déménagé trois fois, mais sans me séparer de ma maison », souligne-t-elle. La surface d’une Tiny house (petite maison en français) dépasse rarement les 20 m2 car l’espace est optimisé. « Il y a une mezzanine de 20 m2 et elle est vraiment très confortable. » Ce type d’habitation est construit en bois et isolé avec du chanvre. Il est conçu pour être autonome énergétiquement. « Ma maison est équipée de panneaux solaires, de toilettes sèches et elle est alimentée en eau par une cuve de 250 litres. »

Budget : entre 15 000 et 55 000 euros.

Temps de construction : 6 à 12 mois.

La yourte, pour les amoureux de la nature

©clément bouterrin

L’habitat traditionnel des peuples nomades d’Asie séduit les occidentaux depuis de nombreuses années. Cette construction nécessite une ossature en bois, un plancher en liège et une toile extérieure protégée avec de la laine. Ce type d’habitation est démontable et léger. Clément Bouterrin a choisi de vivre une forme de nomadisme en yourte avec sa femme et ses deux enfants. Il apprécie de vivre en harmonie avec les éléments : « Le vent, les orages, la neige, la chaleur, tout ça se vit. Nous harnachons et cordons les toiles quand ça souffle fort, nous desserrons quand il fait doux, comme des navigateurs immobiles. » La famille vit en autosuffisance : « L’écologie a été un des moteurs dans notre installation en yourte. Nous avons installé des panneaux solaires, des toilettes sèches, et cela fonctionne très bien. »

Budget : entre 5 000 et 15 000 euros

Temps de construction : 3 à 5 semaines

La maison container, l’art de la récup’

©patrickpartouche

Le marché des maisons construites à partir de containers maritimes est encore confidentiel en France. Dès les années 2000, pourtant, l’architecte lillois Patrick Partouche s’est intéressé à ce type d’habitat alternatif. Il constate depuis quelques années un intérêt grandissant pour ces maisons métalliques à l’esthétique très design : «  J’ai réalisé pour un client une maison de 240 m2 pour un budget total de 180 000 euros ». Un coût 15 à 20 % moins élevé que pour une maison conventionnelle. La rapidité du montage fait partie des avantages de ce type d’habitation. Près de 480 000 conteneurs sont abandonnés chaque année à travers l’Europe. Le potentiel de réutilisation est donc très important. En 2010, au Havre, une cité universitaire de 150 logements a été entièrement réalisée à partir de conteneurs anciennement utilisés pour transporter les marchandises par bateau.

Budget : en fonction du projet

Temps de construction : 4 mois

La Kerterre, la maison-sculpture

©evelyn adam

La Kerterre est une maison écologique fabriquée uniquement à partir de matériaux naturels : de la paille, du chanvre, de la terre et de la chaux. Cette maison ronde de 12 m2, unique en son genre, a été imaginée et développée depuis une quinzaine d’années par Evelyne Adam, une artiste installée en Bretagne. « Ce sont des maisons sculptées avec la nature. Il n’y pas d’armature en bois. Le chanvre a la particularité d’absorber la chaleur et de la restituer le soir. Ce sont des maisons qui sont construites en harmonie avec l’environnement », explique-t-elle. L’intérêt de ce type d’habitat réside dans son autonomie énergétique : chauffage au bois, récupération d’eau de pluie, toilettes sèches, production d’électricité via des panneaux photovoltaïques. Toutes les techniques disponibles sont ici optimisées. Le coût d’un stage pour apprendre à construire cette maison est de 900 euros.

Budget : 10 000 euros

Temps de construction : 3 semaines

La Earthbag, une maison résistante

©pixabay

Les sacs de terre ont souvent été utilisés dans des situations d’urgence comme pour édifier des barrières de protection contre les inondations. Aujourd’hui, leur usage a été détourné pour construire des logements. Ce concept a été développé par Nader Kahlili, un architecte américain d’origine iranienne. Il est le créateur d’un village expérimental situé à proximité de Los Angeles où toutes les habitations sont construites avec cette méthode écologique et économique. Les fondations et les murs, conçus avec des sacs de terre, sont tout à fait adaptés à des conditions climatiques extrêmes. Les maisons en sacs de terre sont très résistantes aux catastrophes naturelles. Les sacs peuvent être remplis de gravier ou de sable. Ils peuvent être installés facilement et rapidement, pour un coût très faible. Une fois construite, la maison est recouverte d’un enduit à base de terre, d’argile et de paille. Au niveau thermique, elle conserve la fraîcheur, ce qui est très confortable dans les pays chauds.

Budget : 5 000 euros

Temps de construction : 6 semaines

Cet article est un extrait du magazine UP n°21  et son dossier consacré à l’habitat écologique et solidaire, à retrouver, en version numérique ou papier, sur notre boutique en ligne.

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