EN BREF – Malgré la tendance du bio, il y a une triste réalité : en France, les agriculteurs continuent d’utiliser toujours plus de pesticides, avec une augmentation de 12 % entre 2014 et 2016.

On aurait pu croire qu’avec toutes les révélations sur les méfaits des pesticides et l’engouement des consommateurs pour les produits bio, l’utilisation de produits phytopharmaceutiques dans les exploitations françaises serait en baisse. Il n’en est rien. Au contraire, les ministères de l’Agriculture, de la Santé, de la Recherche et de la Transition écologique reconnaissent, dans un communiqué commun, que leur usage « a globalement augmenté depuis le lancement du plan Ecophyto en 2009 ». Un plan qui avait justement été mis en place pour favoriser leur réduction.

« L’indicateur NODU (nombre de doses unités) qui est utilisé pour mesurer l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, a augmenté de plus de 12 % en valeur entre 2014 et 2016 avec une légère baisse en 2015 et une stabilité en 2016 », observent-ils. Sachant que le recours aux pesticides avait augmenté de 9,4 % de 2013 à 2014, selon l’AFP.

La fin du glyphosate en 3 ans ?

Les quatre ministres, réunis dans le Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS), vendredi 27 juillet, ont affirmé qu’il fallait  « donner une nouvelle impulsion au plan Ecophyto et mettre en œuvre des actions complémentaires à celles déjà engagées ». C’est, selon eux, l’objectif du plan de réduction des pesticides présenté en avril dernier et du plan de sortie en trois ans du glyphosate présenté en juin.

Côté financement, il n’y a pas eu d’annonce de nouveaux budgets en plus des 71 millions d’euros de crédits publics prévus à cet effet chaque année. Mais les ministres affirment qu’ils veulent « mobiliser les outils du grand plan d’investissement pour accompagner les priorités d’Ecophyto 2+ ». Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a par ailleurs annoncé une enveloppe de 2 millions d’euros supplémentaires pour multiplier par 10 le nombre de fermes expérimentales Dephy, où l’on utilise moins de pesticides. Leur nombre devrait passer de 3 000 à 30 000 d’ici 2021.

Vers l’interdiction des néonicotinoïdes

« C’est un constat d’échec : les plans Ecophyto successifs lancés depuis 2008, dont l’objectif initial était de réduire de 50 % l’usage des pesticides pour 2018, se sont avérés inefficaces. Pour redresser la barre, le ministre de l’Agriculture a annoncé le plan Ecophyto 2+, la sortie du glyphosate en 3 ans et l’interdiction des néonicotinoïdes. Cela suffira-t-il ? », s’interroge l’association France Nature Environnement dans un communiqué.

« L’outil Ecophyto est intéressant mais la sortie des pesticides ne se fera pas sans l’activation d’autres leviers économiques et règlementaires nécessaires pour obtenir une mobilisation de l’ensemble de la profession », ajoute l’association.


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