SÉRIE – Le comité 21 a sorti avant l’été un rapport sur l’appropriation des Objectifs de développement durable par les acteurs non étatiques français. À quoi sert ce réseau né en 1995 et composé d’entreprises, de collectivités et d’associations ?

Le comité 21 a été lancé dans la foulée du sommet de la Terre de Rio, en 1993. À ce moment-là, les chefs d’État et de gouvernement adoptent un plan d’action pour les territoires. Le fameux Agenda 21 formulant des recommandations sur la la pauvreté, le climat, la pollution ou, encore, la santé. Et le Comité 21, cofondé par Bettina Laville, est là pour inciter les acteurs à s’y mettre, tant les collectivités territoriales et les entreprises de toute taille que les ONG ou les associations. C’est un réseau qui cherche à “mettre autour de la table des acteurs qui n’avaient pas ou plus forcément l’habitude de travailler ensemble sur des sujets relatifs au développement durable “, dit-on au sein du Comité 21.

Plus de vingt ans plus tard, la mission n’a pas varié. « Et il y a encore des marges de progression, explique Sarah Schönfeld, responsable du pôle International au Comité 21. Le secret d’un mariage qui dure ? Regarder dans la même direction. Il en va de même pour le développement durable. S’il l’on veut être à la hauteur des défis posés par le XXIème siècle, il est nécessaire que les entreprises, les collectivités et les associations, qui n’ont pas toujours les mêmes niveaux d’exigence, regardent dans la même direction, se fixent des objectifs communs, comme les ODD par exemple.. »

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Un rapport pour faire le bilan

Tous ont désormais un objectif commun : la mise en œuvre des Objectifs du développement durable d’ici 2030 (ou Agenda 2030), dans les politiques de RSE, la planification de leurs politiques publiques ou projets.

« Il y a une réelle prise de conscience depuis les années 90, glisse Sarah Schönfeld, une envie de mieux faire pour protéger la planète, éradiquer la pauvreté, mais ce mouvement n’est pas encore assez fort pour répondre aux défis du 21e siècle, en particulier le changement climatique et la réduction des inégalités. Pour inciter les acteurs à mettre le pied à l’étrier, nous fournissons des outils, publions des notes pratiques, des clés pour agir », explique-t-elle. Son rôle ? Faire rayonner les bonnes pratiques des adhérents du Comité 21 sur la scène internationale et en repérer à l’étranger pour challenger les acteurs français non étatiques.

Elle a justement coordonné le dernier rapport du Comité 21, portant sur l’appropriation des Objectifs de développement durable par les acteurs non étatiques français. Le document, qui fait le bilan, met notamment en avant ceux qui donnent l’exemple et s’engagent.

La Gironde à l’honneur

Il y a par exemple Horoquartz, une société éditrice de logiciels de gestion de plannings pour les entreprises, qui s’est engagée sur l’automatisation de salariés mal ou non voyants (présence de claviers en braille ou des synthétiseurs vocaux). Pour Le Comité 21, la société s’engage ainsi sur l’ODD 10 qui vise à réduire les inégalités dans les pays et d’un pays à l’autre. Du côté des collectivités, le Comité 21 cite en exemple la Gironde, qui dès 1999 a adopté un agenda 21 local pour intégrer les objectifs dans ses politiques publiques. Et il y a aussi les associations, qui travaillent sur l’accès à la santé, par exemple.

« La France se bouge. L’appropriation des ODD est en progrès, mais elle reste encore timide. » Afin que cela évolue, le Comité 21, qui joue aussi le rôle de lobbying auprès des parlementaires, donne des pistes. L’une des solutions avancées dans le dernier rapport du Comité 21, serait de sensibiliser via une « campagne pédagogique nationale » pour que la société civile comprenne bien l’importance de l’Agenda 2030. Il faudrait donc en parler autant que la COP 21, à l’époque très médiatisée… Pourquoi pas ?


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