EN BREF – L’Observatoire des vers luisants et des lucioles lance, pour le quatrième été consécutif, une étude de sciences participatives sur les insectes lumineux.

C’est l’été, la saison chaude dont les longues nuits sont propices à l’observation des vers luisants. Ce terme désigne en fait le lampyre, espèce d’insectes qui fait briller son abdomen, notamment pour sa reproduction. Mais la pollution lumineuse rend cette tactique de drague brillante un peu caduque. Les vers luisants désertent les zones urbaines, et sont menacés jusque dans les campagnes, où les pesticides et la perte de leur habitat naturel achèvent de compliquer leur survie.

Le lampyre, communement appelé ver luisant, se trouve dans les jardins l'été, mais reste menacé par la pollution lumineuse et les pratiques de jardinage modernes.C’est pourquoi le Groupe associatif estuaire (GAE), basé en Vendée et engagé depuis 25 ans dans la protection de l’environnement, a cofondé avec le Centre national de recherche scientifique (CNRS), l’Observatoire des vers luisants et des lucioles. Fabien Verfaillie, docteur en écologie, préside cette « fédération d’associations dans les domaines de l’environnement, de la biodiversité, et de la pédagogie scientifique ». Cet organisme propose aux observateurs attentifs de la nature de les aider à recenser la présence de vers luisants dans les jardins, les champs, et autres espaces verts propices à leur présence.

Pour participer, il suffit de remplir un formulaire en ligne à chaque fois que vous apercevez une « goutte de lune dans l’herbe », comme l’écrivain naturaliste Jules Renard s’amusait à décrire ces insectes dans ses Histoires naturelles, écrites en 1894. Ce faisant, vous contribuerez à une base de données « constituée pour l’avenir », comme le précise Fabien Verfaillie : « Il sera intéressant dans dix ou vingt ans d’avoir du recul, on verra apparaître des tendances de population de ces espèces. »

La science participative au service d’une pédagogie environnementale

Le GAE a donc pour objectif d’étudier « la relation entre la nature des habitats, et la distribution de la population des vers luisants ». Fabien Verfaillie ajoute : « Il y a un tas d’impacts supposés, pour lesquels on a encore besoin de la démonstration de sa réalité. » Avec 5 000 observations en 2015, 10 000 en 2016 et 15 000 l’année suivante, les ambitions semblent atteintes pour une petite structure. Étonnamment, le chercheur ne semble pas espérer de chiffre plus élevé en 2018 : « Cette année, nous restons sur un objectif similaire de 15 000, car nous n’avons pas les moyens logistique et financier de pousser plus loin les recherches, nous souhaitons stabiliser ces résultats. »

Des résultats qui commencent à donner des pistes de réflexion, le GAE étant déjà capable d’établir des liens entre l’utilisation de granulés anti-limace et l’absence de vers luisants dans certains jardins. En effet, les lampyres sont des prédateurs avisés de limaces et autres escargots. Un exemple qui montre la volonté de l’association de « mettre en évidence l’impact des pratiques de jardinage, mais aussi le rôle de la pollution lumineuse », autre source de danger questionnée pour ces insectes lumineux.

« Les sciences participatives sont un outil de sensibilisation à l’écologie, conclut Fabien, qui facilite la recherche scientifique, en collaboration avec les programmes d’organismes comme le CNRS sur les vers luisants, ou le Muséum d’histoire naturel sur les bourdons. » En effet, le Groupe a commencé ses activités de suivi d’espèces avec l’Observatoire des bourdons en 2009, et travaille en ce moment à l’observation d’autres groupes biologiques, comme les libellules ou les hérissons.

Ainsi, l’association espère créer un réseau de veille de la biodiversité dans les jardins, à l’attention des hérissons, des vers luisants, des bourdons, des libellules et de sautres espèces fragiles, nécessaires au bon fonctionnement de nos écosystèmes.


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