SÉRIE – Depuis le début d’année, UP suit les aventures d’un prof de SVT qui, dans son lycée à La Courneuve, en banlieue parisienne, sensibilise au développement durable et met en place des actions éco-responsables. On fait le bilan, avant les vacances d’été.

On avait croisé Ryem à La Courneuve au début de l’année scolaire. Prof de SVT, il a profité de ses heures perdues, entre les cours et les copies à corriger, pour tenter de rendre le lycée plus éco-responsable. À son initiative, le tri du papier effectué en compagnie de certains élèves éco-délégués (euh, c’est quoi ? Découvrez la réponse ici), l’installation d’un potager pour montrer aux élèves notamment comment fruits et légumes sortent de terre, ainsi que d’un rucher sur le toit. Les première et les terminale ont passé le bac, attendent les résultats, et on en a profité pour échanger avec l’enseignant, histoire de faire le bilan, calmement. Ryem a déjà l’esprit tourné vers la rentrée et les projets qu’il compte mettre en place.

Au lycée Jacques Brel de La Courneuve, des ruches pour sensibiliser au développement durableD’abord, il revient sur l’installation des poubelles jaunes qui sont arrivées en cours d’année au lycée. Ses éco-délégués, avec les agents de l’établissement, ont mis des poubelles dans chaque salle pour que profs et lycéens puissent valoriser le papier à recycler. Des corbeilles ont également été installées pour récupérer les imprimés non utilisés, histoire de fabriquer des cahiers de brouillon. Et ça marche ? Hélas, rien ne lui permet encore de le dire. En septembre prochain, Ryem compte vérifier, avec ses élèves, si les personnes ne se trompent pas de poubelle. Et observer s’il y a une évolution dans la durée. Puis sensibiliser, naturellement.

Vous en êtes à l’épisode 4 de la série “Monsieur DD du lycée de La Courneuve”

L’épisode 1 : Le Monsieur DD du lycée de La Courneuve

L’épisode 2 : Entre maths et sport, les élèves ont développement durable

L’épisode 3 : Au lycée, « c’est grave de gaspiller autant de feuilles »

Fan de permaculture

« Pourquoi pas installer dans le hall, durant une journée, un panier de basket pour inviter les jeunes à lancer des déchets en papier qui tomberaient directement dans la poubelle jaune ? Je souhaitais, admet-il, le faire cette année scolaire, mais je n’ai pas eu le temps. » Le temps lui a aussi manqué pour le potager installé au sein de l’établissement, dont il se sert pour les cours des seconde de l’option Méthode et pratiques scientifiques (idem, ici, pour en savoir plus).

« C’était un peu la course pour la mise au vert des semis, j’avais trois classes », explique le professeur, qui ajoute que de terribles orages ont ravagé les pieds de tomates et de courges – il n’en reste quasiment plus. « On fera planter des variétés qui poussent plus rapidement, afin que les élèves puissent également profiter des récoltes, ce qui n’était pas le cas cette saison. » Mais celui qui apprécie la permaculture et se voit bien finir ses jours près des bêtes et d’un potager, “à la campagne”, ne veut pas voir cela comme un échec. Il relativise : « On y va doucement, petit à petit. »

Des abeilles agressives ?

Puis, il pense au rucher, installé en avril, qui a monopolisé son temps. Tant mieux, « la colonie est en pleine forme ». Ryem se forme à l’apiculture avec l’aide d’un apiculteur chevronné, monte sur le toit une fois par semaine, tantôt avec des collègues, tantôt avec des lycéens pour leur montrer qu’ils n’ont rien à craindre de ces apoïdes. « Les abeilles ne sont pas agressives. » Le but du jeu : se concentrer sur l’élevage, moins sur la récolte de miel qui survient au printemps et en septembre.

Au lycée Jacques Brel de La Courneuve, des ruches pour sensibiliser au développement durable

Ryem et ses apiculteurs en herbe sur le toit du lycée Jacques Brel (DR)

D’abord, il s’agit de sensibiliser à la biodiversité, expliquer le rôle des abeilles, leur mode de fonctionnement avec une reine et ses ouvrières. « J’en ai parlé un peu en cours de SVT, en particulier quand j’aborde le développement des végétaux. Je le ferai plus l’an prochain. » Selon lui, la majorité des élèves se montrent curieux, demandent à quoi ça sert, « c’est un peu l’attraction ». Mais, oui, il y a aussi certaines craintes : quelques élèves ont peur de se faire piquer, confondent abeilles et guêpes et ne veulent pas qu’on ouvre les fenêtres des salles qui jouxtent les ruchers. “J’en profite pour leur dire que c’est assez rare et qu’en piquant, une abeille meurt.

L’an prochain, des nouveaux élèves vont arriver en seconde et, au bout de quelques mois, « cela leur semblera normal d’avoir un rucher au lycée, ce qui est vraiment chouette. » Tout est bon pour mettre en avant la diversité de la faune, et de la flore. D’ailleurs, Ryem annonce que son établissement arrêtera de tondre la pelouse pour laisser se développer, à certains endroits, une prairie fleurie. Et ce, dans un but scientifique : “On analysera la présence des espèces par mètre carré“, glisse celui qui prône les sciences participatives. Mesurer l’évolution de la biodiversité grâce au concours de tous fait partie de ses priorités. « Je m’arrête jamais avec mes projets. » Jusqu’où ira-t-il ?

Vous en êtes à l’épisode 4 de la série “Monsieur DD du lycée de La Courneuve”

L’épisode 1 : Le Monsieur DD du lycée de La Courneuve

L’épisode 2 : Entre maths et sport, les élèves ont développement durable

L’épisode 3 : Au lycée, « c’est grave de gaspiller autant de feuilles »


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