EN BREF – En ce premier jour des soldes, le 27 juin, le réseau France Nature Environnement rappelle que toute la logistique derrière la vente en ligne a un (terrible) impact sur l’environnement et l’Homme.

Au moment des soldes, de plus en plus de Français choisissent de faire leurs achats sur Internet. Mais sans forcément se soucier de toute la logistique qui se cache derrière. À l’occasion du début de la période de rabais, France Nature Environnement a dévoilé une enquête alarmante sur le sujet.

Avant d’arriver dans nos boîtes à lettres, les produits que l’on reçoit par colis sont transportés et stockés dans des entrepôts aux portes des villes, de plus en plus nombreux, et de plus en plus volumineux. Ces hangars de stockage accueillent également des matières premières, des textiles et des produits chimiques transitant sur le territoire. En tout, on dénombre plus de 4 400 entrepôts logistiques de plus de 5 000 m². Le record de France vient d’être dépassé en Seine-et-Marne avec la construction d’un entrepôt d’une capacité de stockage de 2 500 0000 m3, à Tournan-en-Brie, soit l’équivalent de 1 000 piscines olympiques !

Bientôt des entrepôts sur des friches

France Nature Environnement dénonce les nombreux impacts de ces méga-entrepôts sur l’environnement : artificialisation des sols à outrance, accaparement de terres arables, hausse de la pollution de l’air… Les soucis ne manquent pas !

Les solutions existent. Le réseau associatif rappelle que le meilleur moyen de lutter contre la surconsommation est d’acheter des produits d’occasion. Il propose à l’État d’encourager l’implantation des entrepôts sur des friches industrielles plutôt que sur des espaces naturels et agricoles précieux. Il préconise aussi des modes de livraison moins émetteurs de CO2 que les camions.

Installations dangereuses

Il y a urgence, d’autant plus si l’on se fie aux accidents qui se multiplient et aux mauvaises gestions de stocks. Par exemple, le stockage illégal, découvert en 2009, dans les Bouches-du-Rhône, de 100 tonnes de matières dangereuses (de l’acide borique) par l’entreprise Prologis. Ou encore l’effondrement de la toiture d’un entrepôt d’Ethainhus, en Seine-Maritime.

Encore plus alarmant : certains de ces méga-entrepôts sont susceptibles d’être classés Seveso, comme les installations industrielles dangereuses devant répondre à des normes plus contraignantes. Or, France Nature Environnement 77 s’est rendue compte que la préfecture s’arrangeait pour permettre à certains bâtiments d’échapper à ce statut, en glissant simplement la phrase « l’exploitant s’engage à ne pas dépasser les classements Seveso », dans l’arrêté de l’autorisation.

Face à ce cela, certains répondent que ces entrepôts logistiques sont la promesse de création d’emploi. Mais France Nature Environnement rappelle que le secteur recourt aux emplois précaires, aux temps partiels, pénibles, et que les tâches sont souvent robotisées.


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