UP le mag a testé son niveau de tennis-fauteuil au cours d’une initiation au handisport, organisée par la Fédération française de tennis à Roland-Garros. Jeu, set et match avec un ancien numéro 1 mondial, Michaël Jeremiasz.

Vers 9h, la place principale de Roland-Garros, dite des Mousquetaires, s’active déjà. Des mini-terrains ont été aménagés temporairement, et des joueurs s’apprêtent à échanger quelques balles… en fauteuil roulant. C’est parti pour une journée d’initiation au tennis pour personnes en situation de handicap. L’idée : changer le regard sur le handicap. Mais aussi sensibiliser sur cette pratique méconnue, pratiquée au sein de 200 clubs affiliés à la Fédération française de tennis, et boycottée par la télévision au détriment des matchs des non-handicapés.

Le tournoi de tennis-fauteuil débute à Roland Garros en ce 7 juin 2018

Le tennis-fauteuil, c’est physique, mais fun (crédit : Christophe Guibbaud (FFT)

Les journalistes ayant été conviés pour l’occasion, j’en ai profité pour me présenter Porte d’Auteuil. Au menu : petites courses en équipe pour apprendre à manier le fauteuil, raquette à la main, et échanges de quelques points. En fond de cours, je quitte ma veste et tape quelques balles avec d’autres représentants des médias. Pas une mince affaire. Je tiens la raquette de la main gauche tout en dirigeant le moyen de locomotion. Avancer, reculer, tourner à droite, à gauche, et suivre le mouvement de la balle en essayant de la renvoyer de l’autre côté du filet…

“La meilleure équipe du monde”

A Roland-Garros, Michael Jeremiasz sensibilise au handicap et au tennis-fauteuil

A Roland-Garros, Michaël Jeremiasz sensibilise au handicap et au tennis-fauteuil (crédit : Amelie Laurin / FFT)

On improvise un double (voire un triple) avec des animateurs de l’entreprise Handiamo, qui accompagne les sportifs de tennis-fauteuil et sensibilise au handicap. On marque des points, on en perd, on progresse, on se muscle… Au bout de quelques minutes, le cofondateur de la société, partenaire de l’événement « Tous en fauteuil », arrive. C’est à 19 ans que ce joueur de tennis, qui se prédestinait à une carrière professionnelle, a perdu l’usage de ses jambes après un accident de ski.

À Roland-Garros, ce garçon à la barbe noire bien fournie est quasiment chez lui. Michaël Jeremiasz, quadruple médaillé aux Jeux paralympiques, a gagné deux fois le double ici. L’ancien numéro 1 mondial, qui formait, dit-il, « la plus belle équipe du monde en double » avec Stéphane Houdet, toujours en activité, vient donner quelques conseils sur le placement des joueurs.

Bientôt des matchs de tennis-fauteuil à la télé

Les règles sont identiques au tennis, à ceci près que la balle peut par exemple rebondir deux fois : « Là, vous avez des fauteuils qui font 10 kilos, c’est assez maniable. Il y a 40 ans, ils pesaient 25 kilos », notera plus tard celui qui a remporté, en double et sur toutes les surfaces, 8 grands chelems.

Michaël, aussi bon en double qu’en simple durant sa carrière (2001-2016), assistera quelques heures plus tard au tirage au sort, qu déterminera les matchs de l’autre tournoi de Roland, le tennis-fauteuil, organisé sur place. La compétition pour non-valides, née en 2007, débute ce jeudi 7 juin à Paris. Durant trois jours s’affrontent les sept meilleurs joueurs et joueuses au niveau mondial, dont quelques Français. Ils et elles se rencontrent en simple et en double. « Ne loupez pas les matchs en double, c’est spectaculaire », me glisse-t-il. Cette année encore, ils ne seront pas retransmis à la télé (France Télévisions, qui a les droits avec Eurosport, les diffuseront sur sa plateforme web), mais Michaël en est certain : « Cela se fera dans les deux ans. »


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