EN BREF – La Commission européenne propose, ce lundi 28 mai, une série de règles visant à lutter contre l’accumulation de déchets plastiques sur les littoraux et dans les océans.

Les déchets plastiques représentent 70 % des déchets marins selon la Commission européenne. Face à ce constat, l’instance cible 10 produits plastiques à usage unique, dans un texte destiné à être proposé « pour adoption » au Parlement et au Conseil européens. La Commission souhaite « fournir des résultats concrets pour les Européens avant les élections de mai 2019 ».

Dans un premier temps, « bâtonnets de coton-tige, couverts, assiettes, pailles, bâtonnets mélangeurs pour boissons et tiges pour ballons de baudruche (…) devront désormais être produits uniquement à partir de matériaux plus durables », annoncent les membres de la Commission dans un communiqué de presse.

Ensuite, « les récipients pour boissons à usage unique fabriqués à partir de plastique ne pourront être mis sur le marché que si leurs bouchons et couvercles demeurent attachés au récipient », comme c’est le cas pour les nouvelles bouteilles de Cristalline par exemple.

Enfin, « les récipients alimentaires et gobelets pour boissons en plastique » ne pourront plus être distribués gratuitement, ou devront faire l’objet d’« objectifs de réduction au niveau national », via notamment des produits de substitution idéalement biodégradables.

Des mesures pratiques face à une situation critique

L’enjeu de réduction des déchets plastique est primordial, ces derniers étant peu dégradables, difficilement recyclables, très volatiles, se dispersant donc très facilement. Les exemples les plus visibles de cette pollution sont les sept et huitième continents, ou vortex de déchets du Pacifique nord et de l’Atlantique nord. Les courants marins y accumulent des tonnes de plastique, menaçant particulièrement l’équilibre alimentaire de nombreuses espèces.

Face à l’urgence, la Commission européenne fait une annonce en demi-teinte. «Dans les cas où des solutions de remplacement sont facilement disponibles et peu coûteuses, les produits en plastique à usage unique seront exclus du marché, défendent les 28 commissaires, concédant toutefois une absence d’alternative face à certains produits. En ce qui concerne les produits pour lesquels il n’existe pas d’alternative simple, l’approche suivie consiste à limiter leur utilisation en réduisant la consommation au niveau national, et en imposant aux fabricants des exigences en matière de conception et d’étiquetage des produits et en matière de gestion/nettoyage des déchets. »

Il faudra donc patienter jusqu’aux débats des instances politiques européennes pour voir si les exigences ici fondées peuvent légalement s’inscrire sur tout leur territoire.

Certains ont anticipé les recommandations de la Commission, comme l’île grecque de Sikinos. Dans le cadre de la campagne d’une association de défense de l’environnement, les autorités et autres professionnels de cette île (visiblement touristique) s’engagent à ne plus utiliser de pailles. Et en France, une pétition du collectif Bas les pailles a déjà réuni plus de 100 000 signatures à ce sujet !


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