INITIATIVE – Rose Car est une plateforme lancée par l’association Rose Association qui défend les droits des malades du cancer. Le site permet aux patients de se rendre sur leurs lieux de soins en covoiturage.

Rose Car, c’est une initiative qui permet aux malades, des femmes comme des hommes, atteints d’un cancer ou non, de se rendre sur leurs centres de soins. La plupart des trajets sont gratuits ou ne dépassent pas quelques euros. Quant à l’impact sur l’environnement, celui-ci est forcément réduit comme l’assure Céline Lis-Raoux : « Les parkings des hôpitaux sont bondés. À 4 dans une voiture, on peut diviser l’impact par 4 ! »

Certaines maladies nécessitent un traitement quotidien, les malades doivent se rendre sur des lieux de soins spécialisés parfois à plusieurs kilomètres de leur domicile. « Le transport est un vrai problème, il faut trouver un proche qui peut faire jusqu’à 50 kilomètres, attendre et faire le retour, parfois les soins se déroulent parfois sur 45 jours », explique Céline Lis-Raoux, directrice de la rédaction de Rose Magazine, édité par l’association.

Selon leur santé, les patients peuvent aussi conduire seuls ou bénéficier de taxis conventionnés. Les taxis doivent faire des démarches auprès de la sécurité sociale pour être remboursé, ce qui ne les encourage pas beaucoup à accepter les courses. « Les taxis se réservent une heure à l’avance, c’est une source de stress en plus de ne pas savoir si on va trouver quelqu’un, raconte Céline Lis-Raoux. Et les transports en commun, c’est fatiguant pour un malade qui se retrouve exposé à plus de microbes, puis certains centres médicaux sont même inaccessibles. »

De covoit’ à ami(e)s

Les traitements sont ambulatoires, les patients arrivent le matin et rentrent le soir chez eux. « Souvent, ils passent leur journée seuls, parfois dans la douleur et la solitude. » Ces trajets favorisent le lien social. « Il y a des groupes par hôpital (seize communautés ont déjà été créées, ndlr) et le but est de rencontrer la communauté de son hôpital », affirme Céline Lis-Raoux.

Les établissements deviennent des lieux d’échange pour parler de la maladie, mais pas seulement. « Non, elles ne parlent pas que de maladie, assure Céline Lis-Raoux, elles peuvent certes évoquer la façon dont leur vie est impactée par la maladie, mais c’est surtout un bon moyen de se pencher sur leur quotidien, elles s’échangent des bons plans ! »

La fondatrice confie que des liens se créent, des amitiés se nouent entre des personnes qui habitent pas très loin l’une de l’autre. « Les premières utilisatrices sont restées amies, je me souviens qu’il y avait une dame qui voulait aller au cinéma. Elle a motivé une autre à se préparer, alors que celle-ci n’avait pas envie. C’est plus facile d’entendre des motivations de vos pairs que de la part des non-malades. Les personnes qui ont un cancer savent ce qu’elles vivent.


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