Le 2 juin prochain, une opération appelée « Plastic Attack» se déroulera dans les supermarchés du monde entier, dont Paris. Ces actions ont pour but d’interpeller les supermarchés sur l’utilisation outrancière de plastique à usage unique.

Finile plastique inutile qui recouvrefruits, légumes et autres produits de supermarché.Le samedi 2 juin à Paris se tiendra dans un supermarché, pas encore dévoilé à ce jour, une « plasticattack ».Des Parisiens volontaires feront leurs courses habituelles, cependant, ils se débarrasseront de l’emballage plastique encombrant pour le laisser à charge de la grande surface.« On le laisse dans les supermarchés pour insister sur le fait que ce sont leur responsabilité. Évidemment s’ils refusent, nous devrons le mettre à la poubelle », explique Laura Chatel, responsable du plaidoyer chez Zero Waste France.

Plusieurs associations et ONG telles que Zero Waste et Greenpeace soutiennent ces actions citoyennes. À l’origine, un groupe de consommateurs de Bristol, en Angleterre, avait lancé l’opération pour la première fois, remplissant 3 Caddies de plastique.« L’action cherche à montrer ce que les consommateurs veulent, on vise les grandes marques de distribution, car ce sont les acteurs dominants, ils peuvent imposer beaucoup de choses aux consommateurs, mais aussi aux distributeurs », poursuit Laura Chatel.

Une étude des Amis de la Terre Europe et de Zero Waste Europe démontre que le coût annuel mondial du plastique alimentaire s’élève à 15 millions d’euros. Il est aussi polluant avant même d’être jeté, car certains composant chimiques se déposent sur les aliments emballés.

« L’emballage plastique est parfois absurde puisqu’il est parfois double, triple ou présent juste pour différencier le bio, poursuit Laura Chatel, réfutant au passage l’argument selon lequel le plastique réduirait le gaspillage alimentaire. Au contraire, on impose une quantité aux consommateurs ou par exemple, on pré-équeute les haricots, ce qui réduit leur conservation. »

Pour Fanny Vismara, co-organisatrice de l’événement « plastic Attack », le problème est dans la consommation des produits.« Tant qu’on ne ferme pas le « robinet » du plastique, ça ne sert à rien, même si on nettoie les océans. » 

« Changer les habitudes citoyennes » 

Fanny Vismara se veut désormais actrice du changement.« Il est grand temps de changer les choses, de sortir de l’ère du “tout plastique” qui se transforme en microparticules que les poissons ingèrent et qui finissent dans nos assiettes », se révolte la jeune femme.

Pour elle, il est important de « changer les habitudes citoyennes » à l’aide des grandes marques de distribution.« Aujourd’hui pour consommer autrement, il faut faire un effort, comme dans les magasins bio aux circuits spécialisés.Il faudrait que cela devienne accessible à tous, sans effort », affirme Fanny Vismara

Le 2 juin prochain, ils seront plus de 440 personnes (selon le décompte de l’event Facebook) à se rendre dans les supermarchés.« On les a prévenus pour des questions de sécurité, mais on espère qu’ils joueront le jeu et n’enlèveront pas le plastique de leur produit, avant.Le but est de trouver des solutions main dans la main.» 

Les participants devront ramener bocaux et sacs réutilisables afin d’y ranger leurs denrées.En France, près de 2 900 emballages ménagers sont jetés chaque seconde, soit 91 milliards et 4,7 millions de tonnes d’emballages par an, et seulement 33,5 % des ordures sont recyclées, selon le site Planetoscope.


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