INITIATIVE LOCALE – L’association Atherbea, qui gère plusieurs foyers, ainsi qu’un centre d’accueil des demandeurs d’asile à Bayonne, vise à réinsérer des personnes exclues de l’emploi. Dans cette optique, elle a ouvert des ateliers quotidiens pour cuisiner fruits et légumes collectés par la Banque alimentaire du Pays basque.

Tous les jours, ils sont un peu près quinze à venir à l’atelier. Ils enfilent un tablier et se mettent à cuisiner fruits et légumes. Ils proviennent du stock non écoulé de la Banque alimentaire du pays basque. Et l’idée c’est d’en faire quelque chose pour que les produits ne terminent pas leur course à la poubelle. Compotes, confitures, soupes, ratatouilles… tout est cuisiné à partir des arrivages quotidiens. Les cuistots amateurs, accompagnés d’un professionnel et d’une assistante sociale embauchée à mi-temps, sont des personnes éloignées de l’emploi.

En 2017, sur les 30 personnes qui ont enfilé la toque de chef, il y avait 19 résidents d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile, 4 personnes étaient issues d’un service jeunes adultes et 7 d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, tous gérés par l’association Atherbea. Les participants viennent  jusqu’à 80 heures par mois, sont rémunérés 30 % du smic. « Cela leur permet, explique Samuel Nicero, chef de service du pôle Insertion de l’association, de reprendre pied. » Certains d’entre eux souffrent d’addictions et la reprise d’une activité professionnelle progressive les aide à retrouver un cadre.

Bocaux antigaspi

« Il n’y a pas de pression de production », dit Samuel. Tout de même, le score est intéressant : 5 804 bocaux (contre 4 024 en 2016) ont été produits, puis livrés et distribués aux 23 000 bénéficiaires de la Banque alimentaire, dont les participants des ateliers font également partie. L’initiative est solidaire… mais aussi écologique dans la mesure où elle lutte, à son niveau, contre le gaspillage. Toutes les préparations sont conditionnées dans des bocaux recyclés.

Depuis son arrivée au sein de l’association, il y a quatre ans, Samuel Nicero a vu la liste d’attente aux ateliers de cuisine s’allonger, « mais le nombre de places est hélas resté inchangé », lâche-t-il. Le dispositif, en tout cas, fonctionne. Parmi les 23 personnes qui ont quitté l’atelier en 2017, 9 ont trouvé un emploi et 5 se sont lancées dans l’engagement associatif, que ce soit à la Banque alimentaire, à la Croix rouge ou au Secours catholique.  Devant le succès des ateliers cuisine, Atherbea a commencé à développer d’autres ateliers, notamment un visant à rénover des meubles.


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