EN BREF – Du 17 au 19 mai dernier, le Centre des jeunes dirigeants, le plus ancien mouvement patronal français, réunissait son congrès annuel à Nancy. En cette année anniversaire, le CJD avait vu les choses en grand, en réunissant ses cinq milles adhérents sur trois jours. Cette année marquait, au dire des organisateurs, la volonté de faire de l’entreprise un relais de l’engagement citoyen. Cette thématique fut par ailleurs longuement développée par le Premier ministre lors de son passage.

« Faire de l’entreprise un lieu d’engagement citoyen », c’est par ces mots qu’Édouard Philippe ponctuait samedi son discours devant une assemblée de dirigeants ravis de pouvoir faire entendre leur voix. Force est de constater que, pour les chefs d’entreprises présents, la question du rôle de l’entreprise, de sa finalité, ne peut plus être décorrélée de son impact social. La place belle faite aux entrepreneurs sociaux durant ces trois jours témoigne de la vision qui est celle du Centre des jeunes dirigeants (CJD) sous l’impact de son président Olivier de Pembroke : former les jeunes dirigeants et débattre avec eux des mutations du monde de l’entreprise, et inscrire pleinement l’action de ces hommes et ces femmes engagés dans la société.

Les multiples échanges auxquels nous avons pu assister en attestent : les entrepreneurs se veulent avant tout des citoyens ayant la volonté de mettre leur activité au service de l’humain, au sein comme en dehors de l’entreprise. De ce point de vue, on retrouvait notamment lors de la conférence « Concilier engagement citoyen et aventure entrepreneuriale, ils l’ont fait ! » des figures inspirantes bien connues du secteur de l’ESS : Anne Charpy, fondatrice de Voisin Malin, exposant la réussite de son projet dans la dynamisation de la solidarité dans les quartiers populaires ; Joséphine Goube, CEO de TechRefugees, venue défendre l’usage des nouvelles techs au service de l’insertion économique et sociale des réfugiés.

Un modèle inspirant pour l’ensemble des entrepreneurs

Outre les mots du Premier ministre, une parole politique plus locale s’est également fait entendre sous l’impulsion de Grégory Gendre, maire de Dolus-d’Oléron, qui appelle de ses vœux un rapprochement fort entre entrepreneurs et politiques dans les villes afin d’ancrer la vision des dirigeants dans le pilotage de l’action publique, à l’instar des travaux de l’Association des maires de France, qui pousse pour faire une place à l’innovation portée par les entrepreneurs dans les politiques d’aménagement du territoire.

Ces trois jours, riches en échanges, offrent à voir une vision pour le moins rafraichissante : des jeunes dirigeants d’entreprise soucieux de l’impact social de leur action. Nous avons également rencontré Mathilde Dufourcq, première dirigeante d’une entreprise de courtage en assurance en passe d’obtenir l’agrément Entreprise solidaire d’utilité sociale (ESUS), de quoi nous conforter dans l’idée que l’entrepreneuriat social est aujourd’hui un modèle inspirant pour l’ensemble des entrepreneurs, quels que soient leurs secteurs d’activité.


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