INITIATIVE LOCALE – En 2015, Florence Chauvin a mis en place des “bus du partage” pour que des personnes en précarité puissent chercher des objets dont elles ont besoin au quotidien. Châteauroux, Elbeuf, Lyon, Aix-les-Bains… les bénévoles de l’association Réflexe partage les accueillent dans plusieurs villes.

D’anciens téléphones portables au fond du tiroir, des pullovers qu’on ne désire plus enfiler, des serviettes de bain pliées dans le placard… On a tous des affaires dont on n’a plus besoin, mais qui peuvent encore servir. Et si des personnes dans le besoin pouvaient récupérer ces biens ? Pour certains, une mise en relation entre personnes qui ont et donnent et celles qui reçoivent s’impose. Florence Chauvin s’y emploie depuis de longues années.

D’abord à l’étranger lors de missions ponctuelles au Mali, en Mongolie et en Roumanie à partir de 2003 où elle distribue avec d’autres bénévoles des vivres à des populations sans le sou. Puis, en France, dès 2015, entourée d’une trentaine de bénévoles, elle met à disposition ce qu’elle nomme des bus de partage, plus exactement un « camping-car réaménagé », dit-elle. L’aventure démarre à Châteauroux en 2015, puis à Elbeuf, en Normandie, à Aix-les-Bains, en Savoie, et Lyon ! Et ça ne devrait pas s’arrêter là, puisque d’autres municipalités pourraient bientôt dire « oui » à l’initiative solidaire.

L’idée : au moins une fois par semaine, l’association Réflexe partage installe le véhicule au cœur d’une commune, par exemple sur une place durant le marché. Et ce, « pour être vu » et inciter à l’échange. Les bénévoles de l’asso y accueillent les personnes en situation de précarité qui viennent pour « boire un café » et discuter.

“Un lieu d’écoute” avant tout

« Il y a des sans-abri, des migrants qui ne sont pas forcément encore intégrés au sein d’un Centre d’accueil de demandeurs d’asile (CADA), ou, tout simplement, des bénéficiaires du RSA ou des retraités précaires », explique Florence. Ces derniers inscrivent sur une liste – accrochée sur place et disponible aussi sur le site de l’association – ce dont ils ont besoin. « Ce sont des choses assez simples : des serviettes de bain, des draps, des tee-shirts, des paires de baskets… » Des affaires données par les gens qui passent, prêts à aider à leur niveau, à faire leur part du colibri.

En tout, une cinquantaine de personnes viennent rencontrer les membres de l’association (dans les différentes villes où est présent un bus du partage) et chercher un peu de réconfort. Florence raconte souhaiter faire de ces véhicules un « lieu d’écoute », où les bénévoles peuvent aussi apporter un peu d’aide dans les démarches administratives. « Cela arrive que l’on renvoie vers les bons interlocuteurs, les bonnes associations », ajoute-t-elle.

Accepter ses fragilités pour aider

Florence fait souvent le tour des communes à la rencontre des personnes impliquées. Celle qui forme les bénévoles en recherche aussi de nouveaux. C’est que les besoins sont énormes, les demandes nombreuses, et il faut que les bus poursuivent leur mission sur le long terme.

« Selon moi, si les personnes bénévoles acceptent leurs propres fragilités, issues de leurs histoires personnelles, elles sont en mesure de mieux accueillir celles des autres. » D’où ce nécessaire travail sur soi, d’après elle, pour devenir bénévole et donner de son temps. Que ce soit une heure, ou plus par semaine, chacun se présente comme il est.

Florence Chauvin participe à un débat sur le bénévolat, “Donner du sens à sa vie”, le 6 juin à Drumettaz-Clarafond, en Savoie. Plus de détails.

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