EN BREF – Le gouvernement vient de présenter sa feuille de route en faveur de l’économie circulaire. 50 mesures qui devraient inciter les Français à réduire leurs déchets et à mieux préserver les ressources d’ici 2030. 

Après 5 mois de consultation, le gouvernement rend sa copie. En octobre dernier, des associations, des ONG, des collectivités et des entreprises étaient invitées à participer à une réflexion collective pour accélérer la transition vers une économie circulaire. Une plateforme collaborative en ligne destinée à recueillir les idées des citoyens a été mise en place en deux phases, et a permis de recueillir 3 000 contributions. La synthèse de toutes ces propositions compose la feuille de route pour l’économie circulaire présentée aujourd’hui. Voici quelques propositions phares parmi les 50 mesures annoncées. Une nouvelle législation concernant la gestion et la valorisation des déchets devrait entrer en vigueur dès 2019.

Vers la fin du déchet plastique ?

En France, un peu plus d’une bouteille plastique sur deux est encore envoyée à l’incinérateur, alors que les pays nordiques recyclent ces contenants à hauteur de 90 pour cent. L’objectif affiché du gouvernement est le recyclage de 100 pour cent des déchets plastiques d’ici 2025. Il souhaite accélérer la collecte des emballages recyclables, des bouteilles plastique, mais aussi des canettes grâce à la consigne solidaire. Pas de gratification directe prévue pour l’usager, mais les revenus issue du recyclage serviront à financer une cause d’intérêt général.

Pour encourager le tri, la taxe incitative qui pénalise financièrement les ménages producteurs de déchets, sera déployée en France. Les ménages qui trient le mieux, profiteront d’une baisse de la facture d’enlèvement des ordures ménagères.

Les industriels sont également invités à protéger davantage le consommateur des effets du plastique. D’ici 2020, l’installation de filtres de récupération des particules de plastiques sur les sites où celles-ci sont produites ou utilisées seront par exemple obligatoires.

Faciliter la collecte des biodéchets

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV), votée en 2015, fixe un taux de valorisation des déchets de 65 % et une réduction de mise en décharge de 50 % à l’horizon 2025. Pour atteindre cet objectif, une meilleure collecte des biodéchets (déchets alimentaires) va être nécessaire. Le gouvernement souhaite faciliter le tri à la source en assouplissant les contraintes des collectivités. Selon l’ADEME, dans les territoires ayant mis en place une collecte séparée des déchets alimentaires, le tonnage des déchets ménagers a baissé de 13 %. L’enjeu de la valorisation des déchets alimentaires est d’éviter l’enfouissement ou l’incinération, source de pollution des sols et de l’air. Le gouvernement propose aussi aux acteurs du monde agricole de prendre part à la valorisation des biodéchets.

Encourager la consommation durable

Globalement le gouvernement souhaite renforcer la position des acteurs du réemploi et de la réparation. De nombreuses associations ou entreprises d’insertion travaillent déjà en ce sens dans différents secteurs :  jouets, électroménager, ameublement. Cette mesure devrait s’accompagner d’une obligation pour les fabricants et les distributeurs d’informer le client sur la disponibilité des pièces détachées pour entretenir ces biens de consommation courante.

À partir du 1er janvier 2020, les fabricants devront indiquer si leurs produits sont vraiment durables c’est-à-dire réparables. Au consommateur de faire ensuite son choix en conscience. D’ici 2019, le déploiement d’un dispositif financier favorisant la reprise des anciens téléphones portables va par exemple être étudiée. 30 millions de smartphones inutilisés dorment en effet dans les tiroirs des Français, et seuls 15 % des téléphones portables sont recyclés. Enfin, le gouvernement souhaite continuer à soutenir les actions qui luttent contre le gaspillage alimentaire.


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