EN BREF – Plus de 300 dauphins se sont échoués sur la côte atlantique françaises depuis le début de l’année. L’association France Nature Environnement dénonce les effets pervers de la pêche au filet.

Les cadavres de dauphins se sont accumulés sur les plages de Charentes-Maritimes et de Vendée ces derniers mois. Ils font partie d’une espèce pourtant protégée : le dauphin commun. L’échouage de mammifères marins n’est certes pas un phénomène exceptionnel. Sur la façade atlantique, on enregistre habituellement environ 200 à 500 échouages de dauphins par an, mais cette année, le nombre de dauphins échoués est 30 fois supérieur à la normale saisonnière. Un chiffre qui inquiète les associations de protection de la nature.

Les chalutiers de pêche mis en cause

Depuis les années 90, les dauphins communs sont régulièrement capturés accidentellement par les chalutiers espagnols et français dans l’océan Atlantique : « La responsabilité principale revient aux chalutiers pélagiques utilisant des filets traînés par un ou deux bateaux. Ils remontent à la surface les bars mais aussi des dauphins qui chassent les petites espèces de poissons dont se nourrissent les bars », explique Denez L’Hostis, Président d’honneur de France Nature Environnement. Une explication confirmée par l’observatoire des mammifères marins Pelagis qui a relevé des marques de filets sur 80 % des corps des cétacés échoués. Si les dauphins pris par erreur par les chalutiers sont rejetés à la mer, ils finissent la plupart du temps par mourir des conséquences de leurs blessures. Les scientifiques estiment que 4 000 dauphins communs sont morts en mer à cause de la pêche dans le golfe de Gascogne au cours de l’hiver dernier et 800 échouages ont été relevées en 2017. On compte entre 150 000 et 300 000 individus dans cette zone actuellement.

Les associations mobilisées pour protéger  les dauphins

En Bretagne, l’association  Bretagne vivante appelle à la vigilance depuis le début d’année et invite les citoyens à signaler, à l’observatoire des mammifères marins Pelagis, toute carcasse de dauphin sur les côtes afin d’aider les scientifiques à mesurer le phénomène.

De son côté, l”ONG Sea Sheperd a réalisé des images, tournées depuis un de ses bateaux sur le plateau de Rochebonne, à environ 70 km à l’Ouest de l’île de Ré pour dénoncer, à leur manière, c’est-à-dire avec virulence, les conséquences de la pêche au bar sur la population de dauphins. Les militants de l’ONG réclament l’interdiction de la pêche au chalut pélagique durant la période de reproduction du bar. Une revendication partagée par l’association France Nature Environnement.


Commentaires