INITIATIVE LOCALE – L’association Campus Caméléon propose de transmettre les cours aux étudiants hospitalisés afin qu’ils gardent une certaine “vie sociale”.

L’idée lui est venue il y a quelques années dans un hôpital lyonnais. À 19 ans, Hélène Simonet y croise des enfants atteints d’un cancer, qui n’avaient plus de vie sociale. « Le personnel racontait qu’ils étaient seuls, isolés, mal », se souvient-elle. Les jeunes malades avaient abandonné les cours, ne suivaient aucune formation. Ils étaient certes « fatigués », mais ce n’est pas la raison de leur éloignement. Ces anciens lycéens n’étaient pas contre reprendre ou débuter des études pendant leur hospitalisation. Or, “personne ne savait comment leur faire suivre les cours”, nous précise Hélène Simonet.

L’initiative voit le jour cinq ans plus tard, après les études de la fondatrice qui remarque qu’un étudiant sur 100 est coupé de ses études par une maladie, plus ou moins longue, ou une hospitalisation à la suite d’un accident. « L’idée est de faire d’eux des caméléons capables de se fondre parmi les autres étudiants. » D’où le nom du projet solidaire, Campus Caméléon, qui entend aider les étudiants hospitalisés pour qu’ils gardent une vie sociale en restant en contact avec leurs camarades, poursuivent une vie d’adulte et gardent un pied dans la vie réelle. Et cela, malgré la coupure, malgré les problèmes de santé plus ou moins de longue durée.

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“Rassurer les profs”

Le projet associatif démarre avec deux étudiants lyonnais. Une première personne s’absente trois mois des cours, une autre doit être hospitalisée une fois par semaine pendant plusieurs années. Hélène assure un temps le lien avec les établissements dont l’université Lyon-II. Les cours sont transmis via le site de l’établissement secondaire sur un espace sécurisé, ce qui « rassure les profs craignant que leurs copies se retrouvent n’importent où », glisse-t-elle. La seconde personne malade peut même passer ses examens à l’hôpital grâce à Hélène.

Tout s’est bien passé, ils ont désormais repris le chemin des études“, souligne Hélène, 24 ans, qui entend désormais développer l’offre commerciale. En un mot, trouver de nouveaux clients, des écoles privées (et non publiques, car ces dernières peuvent être accompagnées via une Mission handicap). Que ce soit à Lyon, ou au-delà.

Suivre les cours de manière “fun”

Le projet, qui était au départ étudiant, prend la forme d’une association, dont elle s’occupe aujourd’hui à plein temps, et ce, dans les locaux de son ancien incubateur lyonnais, Ronalpia. Hélène explique que deux écoles, à Lyon, ont déjà choisi de lui faire confiance. Elle ne dévoile pas encore leur nom car celles-ci n’ont pas encore communiqué sur Campus Caméléon. Elle ajoute qu’elle peut également travailler avec des entreprises pour soutenir les enfants étudiants de leurs collaborateurs, qui sont éloignés des licences ou des masters en raison d’une maladie, par exemple.

Ces étudiants malades pourront continuer d’étudier et, même, si besoin, suivre les cours « en live grâce à un petit robot fabriqué en Norvège », explique Hélène. Ce petit assistant permet de retransmettre les cours à distance, ce qui permet à l’étudiant de pouvoir poser des questions aux professeurs sans attendre… « Et c’est plus fun que de simplement relire des notes d’un cours… »

Découvrez le robot que les malades pourront avoir auprès d’eux.


Hélène Simonet de Campus Caméléon a été finaliste de la première édition des Trophées UP le mag – Alternatives Économiques dans la catégorie Mixité. En savoir plus.


Charlène est marraine de l’association, elle soutient Campus Caméléon.


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