EN BREF – L’usage intensif de pesticides entraîne l’extinction progressive des vers de terre. Une catastrophe écologique selon l’astrophysicien Hubert Reeves qui rappelle à quel point la biodiversité doit être protégée.

couverture du livre de Hubert Reeves“La diminution des vers de terre, ça ne fait pas la Une des journaux. Cependant, c’est tout aussi grave que le réchauffement climatique. Il faut alerter sur l’importance de préserver la nature sous cette forme qui est proche de nous, mais que la plupart du temps nous ignorons parce que ça marche tout seul », a expliqué le scientifique québécois à la RTBF, à l’occasion de la sortie d’une bande dessinée consacrée à la biodiversité.

Dans cet ouvrage, le sage de 85 ans rappelle aux jeunes générations la nécessité de prendre soin de toutes les espèces, même les moins populaires : “Nous avons déjà éliminé la moitié des espèces vivantes. Cela correspond à ce qu’on appelle une extinction de masse. La sixième depuis un milliard d’années, mais la plus grave car la plus rapide. Auparavant, cela prenait des milliers d’années, maintenant, c’est des décennies. La vie peut s’adapter, mais pas à cette vitesse », a-t-il précisé.  Son cri d’alerte nous invite à prendre conscience de l’interdépendance qui nous relie aux créatures qui peuplent les sols.

Des animaux utiles à la régénération de la Terre

La disparition des vers de terre s’est accélérée les dernières décennies : en 1950, on comptait 2 tonnes de vers de terre à l’hectare dans les champs, aujourd’hui les agronomes n’en comptent plus que 200 kg. Ces animaux invertébrés, souvent surnommés les architectes du sol creusent des galeries naturelles sous nos pieds. Ils facilitent l’absorption de l’eau de pluie et participent à l’aération des sols. Ces tunnels  permettent aussi aux racines de s’étendre plus facilement et d’accroître la surface d’échange alimentaire entre la terre et les végétaux.

Les lombrics transforment également les racines et les feuilles en décomposition en engrais naturel. Dans les champs, les vers de terre sont capables d’ingérer jusqu’à 6 tonnes de matière organique morte par hectare et par année. Leurs déjections, très riches en nutriments, nourrissent les terres cultivées. Un sol habité par les vers de terre est donc un sol en bonne santé. Un équilibre de plus en plus menacé par un travail de la terre intensif, la pratique du labour et le recours aux pesticides qui empêchent le développement des ouvriers naturels de la Terre.


Commentaires