TOUT COMPRENDRE – Le rapport Spinetta sur l’avenir du transport ferroviaire, sur lequel se base le gouvernement pour la réforme de la SNCF, n’évoque pas le potentiel écologique du train. Pourtant, beaucoup voient en lui une alternative aux transports polluants, comme la voiture ou l’avion.

Le rapport de Jean-Cyril Spinetta, “L’avenir du transport ferroviaire”, rendu au gouvernement le 15 février dernier, a posé les bases de la future réforme de la SNCF. Dans le fond, le rapport n’envisage jamais le train comme solution de transport collective et durable. Or, dans l’introduction, les auteurs du texte Spinetta mettent en avant le train comme “atout majeur pour la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique”.  Et ils ont raison ! Si on regarde, d’un point de vue du réchauffement climatique, des émissions de CO2, qu’est-ce qui pollue le moins entre une voiture, un bus et un train ? Et bien, a avancé José Bové sur France Inter, c’est le train. »

Fin des petites lignes ?

Dans son intervention du 26 février, le Premier ministre a expliqué que la réforme du gouvernement porterait sur la fin du statut des cheminots, et l’ouverture à la concurrence sur le réseau ferroviaire métropolitain. Il a aussi annoncé le recours aux ordonnances pour mener à bien la réforme avant le début de l’été. le gouvernement se défend de vouloir toucher aux petites lignes à travers sa réforme, au nom de la défense du service public de proximité et de l’équité dans la desserte territoriale. Pourtant, l’ouverture à la concurrence débutera avec les TER et laisse craindre un désengagement de l’État pour ces lignes, dénonce l’économiste Maxime Combes, membre d’Attac, sur Twitter :

#SNCF
Pas de fermeture de petites lignes ? En fait si :
✅ L’Etat ne financera pas leur rénovation
✅ L’ouverture à la concurrence débutera par #TER
✅ Les régions n’ont pas les moyens de les sauver : leurs dotations baissent
✅ Certaines lignes sont DÉJÀ en cours de fermeture pic.twitter.com/3tiqBQHJPJ
— Maxime Combes (@MaximCombes) 1 mars 2018

Des trains à hydrogène, la solution ?

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Patrick Janicek // Flickr

Les auteurs d’un rapport, commandé par la SNCF, estiment que, sur un trajet-type reliant Paris à Clermont-Ferrand, « un train Intercités génère 15 fois moins d’émissions de CO2 par passager que le covoiturage (…), entre 5 et 15 fois moins qu’en autocar, selon le taux de remplissage, 30 fois moins qu’en voiture, 15 fois moins qu’en covoiturage et 50 fois moins qu’en avion ». Cette étude, que le rapport Spinetta ne cite pas, confirme pourtant l’intérêt des lignes territoriales pour la défense de l’environnement.

Et ce, même si tout n’est pas rose, pardon vert. Certains TER roulent au diesel sur une partie du réseau. En effet, selon des données de la SNCF, seule la moitié des 30 000 kilomètres du parc TER est électrifiée. Sur 700 locomotives actuellement en circulation, 211 sont complètement électriques, 163 diesel, et 326 hybrides (pouvant changer d’énergie selon l’électrification de la ligne). Ainsi, le rapport estime qu’un « train régional diesel de petite capacité émet plus de CO2 que 3 autocars ».

La solution pourrait venir ailleurs. Les défenseurs du rail public prônent une réhabilitation des lignes en cohérence avec les objectifs environnementaux liés au transport collectif  : « Est-ce qu’il y a une volonté politique pour sortir de l’électrification ?, se demande José Bové, toujours sur France inter. On pourrait très bien faire des moteurs à hydrogène sur les petites lignes, ça permettrait de relancer complètement une filière, il faut simplement une vraie volonté politique ».

Le land allemand de Basse-Saxe a déjà doté sa flotte régionale de trains à hydrogène, et des pays comme l’Angleterre, le Canada ou l’Italie ont en effet annoncé leur volonté de développer ce type de véhicules, qui ne rejettent pas de CO², pour la réhabilitation de petites lignes. Silence total côté français sur le sujet.


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