INITIATIVE – L’opération “Février sans supermarché” propose aux consommateurs de s’alimenter sans passer par la grande distribution durant un mois. 20 000 personnes ont déjà répondu à l’appel en France et en Suisse sur les réseaux sociaux pour prouver que des alternatives sont possibles.

Quand vient le moment de remplir le frigo, de nombreux consommateurs choisissent spontanément de se ravitailler au supermarché le plus proche souvent par manque de temps ou par souci d’économie. Et s’il était possible de privilégier des circuits courts, en mangeant bio et local sans manquer de rien et sans dépenser plus ? Rien de tel pour le savoir que de tenter l’expérience en relevant le défi lancé par un collectif  citoyen suisse. Jusqu’à la fin du mois, vous voilà invités à ne pas vous rendre dans les grandes surfaces pour faire vos courses.

Un appel à changer ses habitudes

Nous avons lancé cette initiative en Suisse romande en 2017. Au départ nous étions une poignée d’amis. Notre objectif était de lancer une réflexion collective sur notre mode de consommation“, explique Leïla Rölli, la créatrice du site suisse  En vert et contre tout  à l’origine du mouvement sur la toile. Pour la jeune femme, le défi a été bénéfique. En fuyant les grandes enseignes, elle a découvert tout un réseau de producteurs locaux et de magasins en vrac où se ravitailler sans accumuler d’inutiles emballages. Elle consomme aujourd’hui des fruits et des légumes de saison livrés directement chez elle par une AMAP et a remplacé la lessive industrielle, le gel douche et les produits d’entretien chimiques par des produits faits maison. Son porte-monnaie s’est soudain allégé dans l’aventure  : “La lessive coûte presque 8 euros, une lessive maison confectionnée avec du savon de Marseille, du vinaigre blanc et du bicarbonate de soude revient à 1 euro“, relève-t-elle. Leïla fréquente le marché local et a fini par remplacer ses cotons démaquillants par des cotons lavables : “C‘est l’un des intérêts du défi, on trouve des solutions durables pour éviter de se rendre au supermarché.

Un partage de bons plans

En quelques jours, des dizaines de communautés de citoyens prêts à relever le challenge du mois sans supermarché sont apparus sur les réseaux sociaux en Suisse et en France. À chaque région, son défi ! La page Facebook du défi breton rassemble actuellement  jusqu’à 10 000 personnes. Au quotidien, les membres du groupe s’échangent des bons plans et des adresses d’épiceries locales. Le covoiturage s’organise pour se fournir auprès des points de vente directe des fermes locales. Le mois sans supermarché ouvre de nouveaux horizons et valorise le travail des  agriculteurs.

C’est aussi cela l’esprit du défi. Avec cette initiative, nous souhaitons éveiller la curiosité endormie des consommateurs habitués à trouver toujours les mêmes produits dans les rayons du supermarché “, poursuit Leïla Rölli. En France, Mathilde Golla, journaliste au Figaro a relevé le défi à Paris. L’expérience l’a amenée à explorer la richesse et la diversité des réseaux de consommation alternatifs. Elle a décidé de partager ses découvertes dans un  livre intitulé « 100 jours sans supermarché, le premier guide des circuits courts » dont la sortie en librairie est prévue le 28 février 2018.

Alors prêt à faire votre propre expérience ? Rejoignez la communauté du défi !


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