INITIATIVE LOCALE – L’artiste plasticienne Agathe Bezault crée des oeuvres d’art à partir de matériaux collectés dans la rue. Dans ses ateliers, elle invite le public à participer à un voyage créatif et poétique où le recyclage est vécu comme une expérience ludique.

Agathe Bezault et son univers poétiqueL’univers poétique d’Agathe Bezault est fait de petits riens. Des bouchons, des boutons, des vis, des petites perles, des jouets en plastiques, des canettes. Voilà ce qui attire son attention  au fil de ses explorations au coeur des villes qu’elle traverse. Des objets délaissés sur lesquels elle aime poser un regard empathique : “Comme une pie, je ramasse tous les petits trésors abandonnés. C’est moins les objets qui m’intéressent que les matériaux. Leur consistance, leur brillance, leur couleur. Là où certains voient des déchets inintéressants, je vois une invitation à libérer l’imagination pour créer du beau”, explique-t-elle. Dans l’atelier où elle travaille à Nanterre, elle découpe, assemble, colle, relie, compose, décompose et donne vie à des oiseaux colorés, des ampoules-fées et des femmes dodues nées de petits bouts de papiers : des titres de transports, des vieilles partitions de musique, d’anciennes cartes routières. L’artiste s’empare de ce qui est obsolète pour le transformer en poésie. L’inutile devient beau. Et le beau devient utile.

Le recyclage, l’art de la transformation

Diplômée des Arts-Décoratifs de Strasbourg

Depuis une dizaine d’années, l’artiste a fait du recyclage non pas un concept désincarné mais un moyen de libérer l’imaginaire. Diplômée des Arts-Décoratifs de Strasbourg, elle s’intéresse au cours de ses études, à la thématique de l’éco-conception. Un sujet plus technique que poétique. “Avec l’éco-conception on cherche à mettre en place un cycle de production respectueux de l’environnement pour produire des objets de design industriels”, précise-t-elle. À l’époque, l’artiste affichait déjà une sensibilité pour l’écologie et la préservation de la planète. En parallèle, elle commence à exprimer ses valeurs dans ses projets artistiques: “Comme tout le monde, je crois que j’ai envie de vivre dans un beau monde. Or il y a urgence. La pollution a pris de l’ampleur”, observe la jeune plasticienne. Et pour lutter contre la pollution, pas de discours moralisateur ou alarmiste. L’artiste invite à changer de regard sur le monde qui nous entoure. Des matériaux considérés pour beaucoup comme des déchets sans intérêt retrouvent une âme sous ses doigts.

Des performances artistiques pour créer du lien

Agathe Bezault crée des oeuvres d'art à partir de matériaux collectés dans la rue
Agathe Bezault a fondé La Compagnie Dodue. Elle est régulièrement invitée dans des festivals d’art de la rue où elle propose au public de la suivre dans ses chasses au trésor, à la quête de petits objets oubliés. L’objectif est d’offrir aux adultes et aux enfants la possibilité d’exprimer leur propre créativité. L’artiste propose un voyage dans son univers, raconte une histoire et tisse une toile entre les participants qui sont amenés, par exemple à créer une oeuvre collective. “L’objectif, c’est aussi de créer du lien. Quand on se connaît, quand on se parle, qu’on vit une expérience commune, les rapports entre les gens deviennent moins conflictuels“, observe-t-elle.

La Compagnie Dodue est aussi animée par un objectif social,  l’autre membre fondateur de la compagnie est éducateur spécialisé. La Compagnie Dodue travaille également beaucoup avec les collectivités de plus en plus sensibles aux questions d’environnement.
Le jeune public est particulièrement ouvert à son univers où recycler ne devient plus une corvée mais une expérience ludique : “Je ne dis jamais aux enfants : on va faire du recyclage. Ma pédagogie passe par le corps, pas que par la tête.  Je leur propose une expérience poétique créative à vivre. Et à la fin ce sont eux qui me disent : “Recycler c’est génial !”, remarque-t-elle.

Pour connaître les dates des prochaines ateliers, n’hésitez pas à visiter le site de l’artiste.


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