SOUS L’ÉTIQUETTE – Les hostilités gustatives de fin d’année sont officiellement lancées ! Avec du chocolat, en veux-tu en voilà. Mais est-ce vraiment bien raisonnable ? UP le mag s’est penché sur la question.

Les fêtes de fins d’années approchent avec leurs traditionnels chocolats. Pourtant, pas facile de faire son choix quand on se promène dans les rayons, face à la multitude de produits proposés. Comment choisir un chocolat qui respecte le travail des producteurs ? Quels sont les effets du chocolat sur l’organisme ? De quoi est composé le chocolat que nous mangeons ? Autant de questions qu’un consommateur engagé pourrait se poser. Nous avons tenté d’y voir plus clair.

Quelles conditions de production ?

Le cacao est le troisième produit le plus vendu à l’international. La fameuse poudre noire obtenue à partir du broyage de fèves de cacaoyer vient la plupart du temps de petits producteurs, qui vendent leurs récoltes à des entreprises spécialisées dans sa transformation. Mais les six grands industriels (Mars, Nestlé, Ferrero…), qui possèdent 50% du marché mondial du chocolat (entre 80 et 100 milliards de dollars par an), s’approvisionnent souvent auprès de producteurs qui vivent sous les seuils de pauvreté.

Un cacaoculteur en Côte d’Ivoire gagne ainsi moins de 2 euros par jour, selon une étude du bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne (basic) intitulée « La face cachée du chocolat ». Dans ce pays, premier producteur mondial de cacao, beaucoup d’habitants n’ont d’ailleurs même jamais mangé un carré de chocolat ou autre douceur pralinée, car ces produits sont transformés dans d’autres pays. La même étude montre que ces rapports inégaux ont pour conséquence la déforestation, le travail des enfants et l’insécurité alimentaire en Côte d’Ivoire et au Pérou.

Pour s’épargner ces injustices au goût amer, la meilleure solution est de se tourner vers des marques équitables, qui garantissent un rapport plus juste avec les producteurs. La Scop Ethiquable, par exemple, indique qu’elle achète son cacao autour de 4 000 dollars, contre 1 850 dollars en moyenne pour le marché. Cela est d’autant plus important que ces derniers mois le cours du cacao a énormément baissé. Ethiquable accompagne par ailleurs les paysans avec lesquels elle travaille dans leur développement.

Quel pourcentage de cacao ?

En France, la composition des produits de chocolat est définie par le décret du 29 juillet 2003, transposant une directive européenne. Comme le souligne ce blog culinaire, cette réglementation est particulièrement (volontairement ?) alambiquée. Voici ce qu’on peut retenir pour s’y retrouver sur les étiquettes :

1 – Est désigné comme « cacao » un mélange de beurre de cacao (c’est-à-dire l’huile extraite de la pâte de cacao) et de matière sèche dégraissée (c’est à dire la matière la plus noble). Les doses sont réglementées selon les catégories de chocolat. Ainsi, « chocolat » désigne un produit contenant pas moins de 35 % de cacao, dont pas moins de 18 % de beurre de cacao et pas moins 14 % de cacao sec dégraissé (autrement dit la matière la plus noble). Le chocolat au lait, lui, ne doit pas contenir moins de 25 % de cacao mais avec seulement un minimum de 2,5 % de cacao sec dégraissé. Plus il y aura de “beurre de cacao”, plus le produit sera donc gras.

2 – Les produits vendus comme du « chocolat » peuvent contenir jusqu’à 40% d’autres ingrédients, appelés dans la directive « ingrédients facultatifs ». Le pourcentage de cacao affiché sur l’étiquette n’est calculé qu’une fois déduits ces ingrédients facultatifs, sauf pour les chocolat fourrés et les bonbons de chocolat, également appelés pralines, où le pourcentage est calculé sur le poids total du produit.

Exemple : dans ce produit, qui contient notamment des noix de pécan, celles-ci ne sont pas prises en compte dans le calcul.

3 – Des « matières grasses végétales » autre que le beurre de cacao peuvent être ajoutées dans la fabrication du chocolat : le beurre d’illipé, le beurre de karité, l’huile de palme, l’huile de sal, l’huile de kokum gorgi, l’huile de noyaux de mangue. Cela doit être précisé sur l’étiquette.

4 – La liste des ingrédients est indiquée par ordre d’importance décroissante (le produit qu’il y a en plus grande quantité est indiqué en premier).

Exemple : ce produit est composé essentiellement de sucre et de matières grasses végétales.

… Pour quels effets sur la santé ?

Le chocolat noir a du bon. En plus de sa qualité d’antioxydant, il aide à réduire le diabète et le vieillissement de nos cellules, indique une étude récente de l’Inserm. Mais pas n’importe quel chocolat : « La fève de cacao contient 8 % d’antioxydants, mais plus le chocolat est amaigri en cacao, plus la quantité d’antioxydants est faible. Il faut donc privilégier les chocolats « noirs », à haute teneur en cacao », rappellent les auteurs de l’étude. Le cacao contient également de la sérotonine, antidépresseur notoire, et du magnésium. Attention, toutefois, le chocolat étant très calorique, il ne faut pas en abuser. De même, les ingrédients sucrés et gras qui viennent compléter les chocolats moins riches en cacao, doivent être consommés en quantité raisonnable.

Y-a-t-il des ingrédients à éviter ?

Le Huffington Post et l’association Foodwatch ont analysé les étiquettes des confiseries vendues par les principales grandes marques. Il s’agit la plupart de temps de pralinés, qui n’ont d’ailleurs pas le droit de s’appeler chocolat, et ne contiennent pas de beurre de cacao, mais essentiellement du sucre et des graisses végétales, peu conseillées pour la santé.

Il apparaît par ailleurs que les Célébrations contiennent l’additif E471, sous le nom “mono et diglycérides d’acides gras”, un agent de texture dérivé de graisses animales (porc et bœuf) ou végétales. Ces sucreries ne conviennent donc pas aux personnes qui suivent un régime sans produit d’origine animal ou sans porc.

Article rédigé par Héloïse Leussier, avec Emma Chaab


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