EN BREF – La majorité des Français déclarent s’opposer à cette pratique “extrêmement cruelle” pour 30 Millions d’Amis. Des sénateurs ont déposé une proposition de loi pour interdire ce qu’on appelle aussi la vénerie.

Un sondage de l’Ifop, commandité par la fondation Brigitte Bardot, montre que les Français sont de plus en plus opposés à la chasse à courre, une pratique qui consiste à chasser renards, lièvres ou cerfs avec une meute de chiens. 84 % des interrogés déclarent être contre. En 2005, ils étaient 73 %. Dans le détail, les femmes qui ont répondu au sondage sont plus nombreuses (88 %) que les hommes à s’y opposer (80 %). Quand on regarde les résultats de l’étude en fonction de la situation professionnelle des questionnés, on remarque en outre que les employés (88 %) ou encore les retraités (85 %) s’expriment davantage pour l’interdiction que les cadres et professions intellectuelles supérieures (79 %) ou les travailleurs indépendants (74 %).

Cette étude sort au lendemain d’un fait divers qui a créé la polémique. L’abattage d’un cerf dans un jardin privé à La croix-Saint-Ouen (dans l’Oise), après une chasse à courre, a suscité l’émoi de l’opinion publique : manifestations, pétition de la part de l’association 30 millions d’Amis pour demander l’interdiction de la chasse à courre… Elle estime que c’est « une pratique barbare » et « cruelle pour les animaux ». “La vénerie, poursuit-elle, consiste en effet à poursuivre un animal à cheval et avec des chiens jusqu’à l’épuisement de celui-ci pour ensuite le tuer à l’arme blanche.” Ainsi, elle demande que la France rejoigne les pays comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne qui ont mis fin à la tradition.  Le 8 décembre 2017, cette pétition recueillait plus de 111 000 signatures .

Proposition de loi

Mais on y vient peut-être. Nicolas Hulot  parle d’une « pratique d’une autre époque » et 14 sénateurs ont déposé une proposition de loi. Parmi eux, l’ancienne ministre de l’Enfance Laurence Rossignol, mais aussi André Vallini (PS) et Marie-Noëlle Lienemann (PS).

Chaque année, la pratique de la chasse à courre donne lieu à des conflits d’usage et à des tensions avec les riverains chez lesquels les grands animaux viennent se réfugier. L’occupation des routes et des chemins forestiers par les équipages provoque également des différends sérieux avec les promeneurs et les automobilistes“, explique les sénateurs. En cas de pratique, le chasseur risquerait un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.


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