EN BREF – Greenpeace établit chaque année un classement des marques de thon qui utilisent des pratiques vertueuses et durables. La dernière édition vient d’être publiée. Résultat : des progrès ont été effectués.

D’abord, pourquoi un tel classement ?

« Le thon en boîte,  explique Edina Ifticene, chargée de campagne océans à Greenpeace France, est un produit de consommation plébiscité par les Français. Pourtant, les marques communiquent encore trop peu autour des techniques de pêche qu’elles utilisent et de l’impact écologique que celles-ci peuvent avoir. Avec ce classement, notre objectif est de pallier ce manque d’information. » But de l’opération, aussi : sensibiliser le grand public pour guider les Français lors de leurs achats et inciter les marques à évoluer dans le bon sens.

Quel est le contexte ?

Selon la FAO (L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), 90 % des espèces marines commercialisées sont  surexploitées. La quantité de thons, de maquereaux et de bonites a diminué de 75 % par rapport à 1970, explique aussi Greenpeace. En cause, certaines des méthodes de pêche génèrent des rejets d’espèces non visées par la pêche et polluent la vie marine. D’après Edina Ifticène, « les méthodes de pêche destructrices (…) trop employées, entraînent la prise de thons juvéniles ainsi que d’espèces menacées, comme les tortues ou les requins. La méthode considérée comme la plus durable, à savoir la pêche à la canne, peine toujours à s’implanter sur le marché français et demeure la spécificité des marques les plus avancées dans une politique de durabilité. L’ensemble du secteur doit donc redoubler d’effort pour adopter des méthodes de pêche durables ».

Et, donc, les bons élèves sont…

Selon Greenpeace, les marques qui font un “quasi sans-faute” sont Phare d’Eckmühl, Système U et Connétable, mais aussi Monoprix.

Phare d’Eckmühl est sur la première marche du podium car elle a désormais « un approvisionnement 100% thons pêchés à la canne ». Chez Système U, c’est « 95 % » de son approvisionnement. Du côté de Monoprix, qui se hisse dans le haut du classement, elle a « fait le choix d’une communication pédagogique sur ses méthodes de pêche dans ses magasins et s’est ainsi distinguée de ses concurrents ».

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Les marques qui « font des efforts » sont…

Parmi la catégorie de ceux qui font des efforts, on trouve d’abord Petit Navire, dont la maison-mère est le groupe Thai Union, numéro un du thon en boîte dans le monde. La marque a « revu sa politique d’approvisionnement et s’est engagé notamment à réduire l’usage des dispositifs de concentration de poissons de moitié d’ici à 2020 », écrit l’ONG. Qui ajoute que Petit Navire a instauré « un système de traçabilité en ligne permettant au consommateur de retracer l’origine du thon contenu dans les boîtes jusqu’au bateau et à la zone de pêche ».

Carrefour, Auchan, Casino et Intermarché ont eux aussi progressé. Ils sont “sur la bonne voie”, assure Greenpeace, détaillant pourquoi dans un communiqué.

Les cancres

« Saupiquet, Lidl et Leclerc sont les seules marques qui n’ont pas commencé à opérer un changement dans leur approvisionnement. Elles sont les lanternes rouges d’un secteur qui s’est engagé vers des pratiques plus durables. » Le groupe Bolton, qui détient Saupiquet, « est, lui, en train de travailler sur une politique d’approvisionnement durable mais celle-ci n’est pas finalisée pour le moment ». Greenpeace ajoute que Leclerc a répondu au questionnaire de l’ONG pour la première fois. Greenpeace note « un effort de transparence », mais une grande majorité du thon est pêché de manière non durable.


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