On est allé voir au salon Autonomy, dédié au futur de la mobilité, à Paris, à quoi ressemblent les nouveaux engins et services qui arrivent dans nos villes.

Entre la congestion des villes, les problèmes liés au réchauffement climatiques, la pollution de l’air et le développement des outils de communication et de géolocalisation… Il y a plein de raisons de prévoir des changements importants du côté transports dans les dix  à quinze prochaines années. Du 19 au 21 octobre 2017, la seconde édition du salon Autonomy s’est tenue à la Grande Halle de la Villette à Paris. Les professionnels des mobilités de demain y ont présenté leurs nouveautés. L’occasion de se faire une idée de l’avenir qui se dessine sur nos routes.

On pourra prendre et déposer un véhicule, où l’on veut

Plus de dix ans après l’apparition du covoiturage et la création du premier service de vélos en libre-service à Paris -le Vélib’ – le partage et la location de véhicules continuent et continueront d’évoluer. « Dans les cinq à dix prochaines années, il y aura une réduction massive de la voiture individuelle », affirme Ross Douglas, fondateur du salon Autonomy. D’ailleurs, preuve que les jeunes plébiscitent de nouveaux mode de transport, en France, l’âge moyen de l’acheteur d’une voiture neuve s’élève maintenant à 56 ans.

À propos des Vélib’, ils connaissent actuellement quelques changements, puisque c’est la société Smovengo qui exploitera ce service public à partir de janvier 2018. On verra bientôt de nouveaux vélos, dont 30 % avec assistance électrique, et de nouvelles stations dans la métropole parisienne. En même temps, arrive une nouvelle forme de vélos en libre service… sans station ! C’est en tout cas la volonté de l’opérateur chinois ofo, qui compte s’implanter dans les grandes villes françaises dans les prochains mois. Ses vélos jaunes fonctionnent grâce à des cadenas « intelligents » qui se verrouillent et déverrouillent avec un smartphone leur permettant d’être déposés n’importe où.

Le service français Indigo weel propose un service à peu près similaire et devrait déployer ses vélos blanc et violet d’ici décembre à Metz. L’offre de voitures en libre-service est elle aussi en train d’évoluer vers ce qu’on appelle le « free floating » (flotte libre, en français). À Bordeaux, Strasbourg, Toulouse et depuis peu Lyon, les voitures « Yea ! » peuvent être empruntées et redéposées où l’utilisateur le souhaite (du moins dans un périmètre défini). N’oublions pas, par ailleurs, que les voitures et les vélos n’ont pas le monopole du libre-service ! Un service d’emprunt de trottinette, Knot, est actuellement testé à Montrouge et Saint-Denis.

L’électrique sur toute la ligne

Pour le président du salon Autonomy, il faut prévoir « la fin des véhicules à combustion » et la place toujours plus importante des véhicules électriques dans nos villes. En France, en tout cas, Nicolas Hulot a annoncé son ambition de voir « la fin de la vente » des voitures diesel et essence d’ici à 2040. Et la plupart des grandes marques de voitures travaillent sur des modèles électriques.

Le vélo Ahooga

La présence de plus d’une quinzaine de constructeurs de vélos à assistance électrique, sur le salon, a donné un aperçu de la diversité des modèles existant aujourd’hui, en termes de design, de performance, de poids, d’autonomie et, bien sûr, de prix. Dans cette catégorie, petit coup de cœur pour le vélo belge Ahooga, pliable et ultra-léger. Il a l’avantage d’offrir une conduite agréable en pédalage classique, sans assistance électrique, ce qui n’est pas le cas de nombreux modèles. Mais ce bel objet coûte tout de même plus de 2 000 euros.

Plusieurs marques de scooters électriques, dont l’autonomie et les performances sont aussi en amélioration, étaient également présentes. Le scooter es3 de la marque Askoll peut par exemple aller jusqu’à 70 km/h. La marque Pink Mobility a, elle, conçu un scooter avec deux réceptacles batterie de 50 km environ chacune. De plus, les engins de « micro-mobilité » électriques sont de plus en plus variés. Plusieurs marques se positionnent sur les trottinettes électriques, avec certains appareils dépassant les 30km/h. D’autres misent sur les skates électriques. Sans oublier les overboards et les gyropodes, de plus en plus performants aussi. Il est fort à parier qu’on verra de plus en plus de ces engins, prévus notamment pour être utilisés en complément d’autres transports.

Connectés comme jamais

Les transports n’échappent pas à la vague des objets connectés. De plus en plus de véhicules sont équipés de boitiers connectés, et de nouveaux accessoires apparaissent. Par exemple, le guidon connecté Wink Bar veut remplacer les GPS pour vélo, de même que le sac à dos « intelligent » Galuchon. Nous avons aussi repéré un petit objet appelé Cosmo connected, qui se fixe à l’arrière des casques de motard. Cet accessoire, qui se contrôle via smartphone, est équipé d’un feu qui s’allume quand le conducteur ralentit et dispose également d’une fonction feu de position. Il est aussi équipé d’une fonction de géolocalisation et peut détecter une chute. En cas d’accident, il va demander au conducteur s’il va bien, et s’il n’y a pas de réponse il appellera des numéros d’urgence. (Nous n’avons pas testé cet objet en conditions réelles).

 

Bonne nouvelle : les masques anti-pollution arrivent enfin !

Annoncés depuis déjà quelques temps, mais encore peu disponibles sur le marché, il semblerait que les masques anti-pollution se développent enfin en France. Ainsi, le masque R-Pur, conçu par des motards franciliens, est actuellement en pré-commande. Il pourra être relié à une application qui permettra d’estimer le taux d’usure de son filtre, à changer toutes les 3-6 semaines environ. Le foulard anti-pollution WAIR est également en prévente actuellement. Si ses concepteurs veulent en faire un accessoire de mode, ce foulard est également certifié par un organisme indépendant. Une autre marque, Mask, prévoit de se lancer d’ici janvier, en se plaçant également sur le créneau mode.

En attendant que les véhicules soit de plus en plus souvent électriques, et, on l’espère, de plus en plus partagés, ces protections contre la pollution de l’air pourraient, pour un moment, devenir des accessoires essentiels.


Commentaires