EN BREF- Le 23 octobre, douze maires du groupe C40, qui regroupe 91 des métropoles mondiales, se sont engagés pour rendre leurs villes plus « vertes » et « plus saines » en y réduisant la part de l’énergie fossile. En particulier, ils ont décidé de n’acheter que des bus propres d’ici 2025 et de réserver une part importante de leurs métropoles à des zones zéro émission.  

Chaque année, la pollution de l’air provoque 4,5 millions de décès prématurés dans le monde et constitue une des premières causes de maladies telle que l’asthme. Les villes, qui concentrent aujourd’hui plus de la moitié de l’humanité (et les deux tiers en 2050), 80 % du PIB mondial et 70 % des émissions de gaz à effet de serre sont donc en première ligne sur le sujet.

Réunis à Paris à l’occasion du sommet annuel « Together4Climate », douze des plus grandes métropoles du monde parmi Los Angeles, Tokyo, Auckland, Milan, Quito, Paris, Londres, Mexico… se sont engagées à lutter contre la pollution de l’air et participer à la lutte contre le réchauffement climatique qui « n’est pas un sujet politique, mais un sujet vital », a rappelé Eric Garcetti. Le maire de Los Angeles a d’ailleurs rappelé l’engagement de plus de 300 maires américains dans ce combat, et le respect des Accords de Paris à leur échelle, une position à l’encontre de celle de Donald Trump.

Bus zéro émission et zones zéro émission

Concrètement, ces douze villes « d’avant-garde » ont décidé d’agir sur les transports, à l’origine du tiers des émissions de gaz à effet de serre des espaces urbains. « Les villes concentrent la production de pollution de l’air, elles doivent être des acteurs du changement », a souligné Ada Colau, la maire de Barcelone lors d’une conférence de presse le 23 octobre. En cela, elles se sont engagées à favoriser la marche et le cyclisme en ville, rendre accessibles à tous les transports en commun, à réduire le nombre de véhicules les plus polluants fonctionnant avec des moteurs combustibles et à abandonner progressivement l’utilisation les véhicules à moteur à combustion fossile pour créer des zones zéro émission.

En particulier, ces métropoles se sont engagées à n’acheter que des bus propres, zéro émission à partir de 2025 et à augmenter le nombre de zones zéros émissions, c’est-à-dire les zones interdisant les véhicules polluants, d’ici à 2030. « Cette déclaration des maires est ambitieuse pour lutter contre la pollution de l’air», a souligné Anne Hidalgo, la maire de Paris, qui avait déjà annoncé mi-octobre la fin des véhicules diesel d’ici 2030, 10 ans plus tôt que ce que prévoit le gouvernement. Les métropoles s’engagent par ailleurs à réaliser un bilan de leurs progrès tous les deux ans.

Malgré des contextes urbanistiques et de développement des transports en commun très différentes d’une ville à une autre, toutes ont déjà entamé leur mue pour devenir des villes plus vertes et respirables. En la matière, Tokyo fait figure de pionnier. Depuis 20 ans, la ville a banni le diesel de ces rues et s’est engagée dans le moteur à hydrogène. Elle travaille aussi depuis plusieurs années sur la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Résultat : il y a 30 ans, le Mont Fuji était visible 30 jours par an depuis le centre-ville de Tokyo. Aujourd’hui, c’est 100 jours. Pour 2020, la capitale nippone envisage de relever le défi d’organiser des JO, avec zéro émission durant les 4 jours d’ouverture et de fermeture que dureront les jeux olympiques et paralympiques.

Au Cap mais aussi à Milan, les villes investissent dans des bus électriques, utilisés à 90 % par des populations très pauvres. À Quito, en Équateur, la première ligne de métro va voir le jour en 2019. Plus récemment, le 23 octobre, Londres a annoncé le doublement de son péage urbain pour les véhicules les plus polluants. Il en coûtera désormais 21,50 livres, soit 24 euros à ces véhicules pour pénétrer dans le centre-ville. Ces mesures ne pas toujours populaires. La maire de Paris, souvent critiquée pour ses positions jugées anti-voitures, a expliqué : « Il faut agir maintenant, sinon nous aurons les mêmes débats dans 20 ou 30 ans. Il faut être courageux, changer les habitudes. »


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