EN BREF – Alors qu’on parle beaucoup de glyphosate, la mise sur le marché en France de pesticides contenant la molécule controversée sulfoxaflor a été autorisée par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail. Colère de l’Union nationale de l’apiculture française.

Encore une année noire pour les apiculteurs ! Comme en 2016, la récolte de miel en 2017 sera « catastrophique », observe, dans un communiqué, l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf). La production ne dépassera pas 10 000 tonnes. « Dans les grandes régions de production comme en Provence Alpes Côte-d’Azur, en Rhône-Alpes, dans les Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon, les récoltes sont en baisse de 60 à 80 % par rapport à une année dite normale », s’alarme l’Unaf, alors qu’une étude, publiée par la revue PLoS One, vient de démontrer, par ailleurs, que les populations d’insectes ont probablement chuté de 80 % en Europe et ce, en moins de trente ans. Et, en France, chaque année, près de “300 000 colonies d’abeilles domestiques et d’autres insectes pollinisateurs sauvages disparaissent en France“, selon l’association Agir pour l’Environnement.

Une décision surprenante

C’est pourtant dans ce contexte que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement, et du travail (Anses), a autorisé, en septembre, la mise sur le marché en France des pesticides closer (sur des fruits, des légumes et des plantes vertes) et transform (sur des céréales), contenant du sulfoxaflor, une molécule produite par l’entreprise américaine Dow AgroSciences. Celle-ci est pourtant contestée : des études scientifiques montrent qu’elle fait partie des néonicotinoïdes, considérés comme responsables de la chute du nombre d’insectes, d’après l’étude de la revue PLoS One. Le sulfoxaflor, écrit Libération, serait néfaste pour les abeilles.

La décision a donc de quoi surprendre, d’autant plus que ces néonicotinoïdes sont censés être interdits à partir de 2018, ce que prévoit la loi sur la biodiversité de 2016. Cité par Libé, Gilles Lanio, le président de l’Unaf, s’insurge : « On nous dit : “C’est vrai, c’est un neurotoxique, il agit de la même façon, mais ça n’est pas un néonicotinoïde.” C’est faux ! On se moque de nous, je n’en reviens pas. C’est scandaleux, honteux et irresponsable. Cela s’est fait en catimini… »

Une pétition a été lancée par l’association Agir pour l’environnement (un collectif de mobilisation citoyenne) pour interpeller le gouvernement et obtenir le retrait de cet insecticide. En outre, des députés appellent, dans une tribune au Monde, à interdire l’ensemble des néonicotinoïdes en Europe.


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