De nombreux étudiants souffrent de précarité financière. Dans un tel cas, l’alimentation est souvent le premier poste de dépenses sacrifié. En plus d’avoir des conséquences sur la santé des étudiants, une mauvaise alimentation peut mettre en péril la bonne réussite de leurs études, entre la fatigue ressentie, les difficultés à se concentrer ou les baisses de moral.

Les chiffres-clés

20 % des 18-24 ans vivent sous le seuil de pauvreté

65 % des étudiants sautent régulièrement un repas

2/3 des bénéficiaires des AGORAé (espaces de solidarité et épiceries sociales gérées par la FAGE) déclarent sauter au moins un repas par semaine, dont 72 % pour des raisons financières

1 étudiant sur 3 estime ne pas manger équilibré

Les bénéficiaires des AGORAé ne sont que 48 % à estimer avoir une hygiène alimentaire saine et équilibrée

95 % des étudiants grignotent entre les repas

Seuls 6,4 % des étudiants ont consommé 5 fruits et légumes la veille d’être interrogés pour une enquête publiée par la Croix Rouge en mai 2017

Sources : Smerep, la FAGE, Observatoire de la vie étudiante (OVE), Insee, la Croix Rouge


Trois questions à Alexis Her,
vice-président en charge des affaires sociales à la FAGE

Quel bilan tirez-vous de ces chiffres ?
Ces chiffres montrent que la précarité étudiante est un problème qui touche beaucoup plus d’étudiants qu’on ne le croit de prime abord. Cette précarité étudiante est constatée, depuis quelques années déjà, par la FAGE, et, malgré quelques maigres efforts en ce sens, la réalité de ce problème persiste. La constance de ces chiffres montre que les pouvoirs publics peinent à se saisir de la question. Ils démontrent aussi l’absence d’actions de prévention et de promotion de la santé auprès de ce public, alors que c’est un public, pourtant clé dans l’éducation à la bonne alimentation.

Quelles sont les principales raisons qui expliquent la précarité alimentaire des étudiants ?
La précarité alimentaire s’explique majoritairement par la précarité financière de nombreux étudiants. Si le coût de la formation supérieure à l’université est relativement restreint en France, de nombreux coûts additionnels existent, comme les loyers, la santé ou l’alimentation.
C’est souvent ce dernier poste qui est sacrifié, celui sur lequel il est le plus facile de faire des économies. Ainsi, de nombreux étudiants se retrouvent à sauter des repas et à se serrer la ceinture pour pouvoir payer leur loyer et leurs études.

Selon vous, les restaurants universitaires gérés par les Crous, manquent-ils de moyens et souffrent-ils de dysfonctionnements (mauvaise réputation, queues trop longues aux heures médianes…) ?
Plus qu’un manque de moyen, c’est avant tout un problème organisationnel. La majorité des restaurants universitaires subissent des flux particulièrement condensés et de nombreux étudiants se retrouvent dans l’incapacité d’aller dans un restaurant universitaire, à cause d’une pause méridienne restreinte. Un nombre important de repas se fait donc en dehors des restaurants universitaires et contribue à entretenir la précarité alimentaire.

Quels projets porte La FAGE pour lutter contre la mauvaise alimentation des jeunes ?
La FAGE soutient plusieurs projets allant dans le sens de la bonne santé alimentaire des jeunes. Les AGORAé en sont le meilleur exemple et permettent aux étudiants les plus démunis de se procurer des produits qu’ils ne peuvent s’offrir pour des raisons financières. Par ailleurs, ces espaces d’échange sont aussi des lieux de vie qui permettent une véritable éducation autour de l’alimentation et de ses bonnes pratiques. De nombreuses actions pour améliorer l’hygiène alimentaire sont mises en place par les fédérations d’associations étudiantes, membres du réseau de la FAGE dans le sens de l’hygiène alimentaire. Ces dernières réalisent de nombreux documents de sensibilisation, qui offrent des pistes de solutions, clés en main, via des recettes, des astuces, des conseils ou des bons plans.



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