La crème solaire, pourtant produit du plagiste par excellence, est nocive pour la biodiversité aquatique. Quelles sont les alternatives ?

Quand il fait chaud, quand on est au bord de la plage, c’est le produit à ne pas oublier. Chaque année, 15 millions de crèmes solaires sont vendues en France. Oui, cela permet d’éviter quelques coups de soleil, mais il y a un hic. Et non des moindres. Car il s’agit, durant la saison estivale, du « premier polluant chimique », explique sur France Info le médecin généraliste Guillaume Barucq, aussi adjoint au maire de Biarritz à l’environnement. Le souci ? Les composants de la crème semblent nocifs pour les coraux, selon une étude parue dans la revue Nature. Or, entre 4 000 et 6 000 tonnes de crèmes solaires se retrouvent tous les ans sur les récifs coralliens dans le monde, rapporte Green Cross France et territoires, la “version” française de l’ONG internationale environnementale Green Cross (fondée et présidée par Gorbatchev). Et cette présence favorise le développement d’infections virales, précise Reporterre.

Par ailleurs, la crème solaire contient des nano-particules telles que le dioxyde de titane (TiO2). Problème : au contact de l’eau, le TiO2 peut former des composés chimiques comme le péroxyde d’hydrogène (H2O2). Et celui-ci, explique le chercheur David Sánchez-Quiles, doctorant à l’Institut méditerranéen des études avancées en Espagne, peut « inhiber la croissance du phytoplancton, de minuscules plantes qui sont à la base de nombreuses chaînes alimentaires de l’océan, explique le blog américain Scientific american, cité par Slate.

Sur le site Reporterre, Pauline Malterre, de l’association Du flocon à la vague, explique, en outre, que « certaines substances présentent dans les crèmes solaires sont assimilables à des perturbateurs endocriniens, et cela a un impact sur les oursins, les mollusques, les crustacés, les poissons ».  

Lors d’une table ronde, organisée par Green Cross France & territoires en 2015, avait été mis en avant le fait que les crèmes solaires peuvent contenir du “benzophenone-2” (BP2). C’est ce qui permet de rendre les crèmes transparentes. Néanmoins, sa présence aurait des impacts dangereux sur le système hormonal et les fonctions des poissons.

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Que faire, alors ?

Dans certaines régions du monde, la crème solaire a été interdite. C’est le cas d’une partie du Mexique, vers Cancún (Sud-Est), qui préfère les produits sans filtre UV chimique. Un sénateur hawaïen prône également le “sun cream free” pour sa région. Il a proposé, au début de l’année, l’interdiction de produits de protection solaire nocifs pour la biodiversité dans l’espoir de préserver les coraux (et donc le tourisme sur l’île).

Le Dr Claudine Blanchet-Bardon, la vice-présidente du Syndicat national des dermatologues-vénéréologues (SNDV), interrogée par 60 Millions de consommateurs (et citée par le site de L’Obs), propose une solution : porter, durant la baignade, des combinaisons anti-UV qui serait “la meilleure protection” contre le soleil, selon elle. Pourquoi pas pour les bébés ? A chacun de juger la commodité de cette alternative.

Sinon, il est également possible d’opter pour des crèmes bios, préparés à partir d’ingrédients naturels – et certifiés par des labels. Parmi eux, il y a par exemple, l’allemand  BDIH  ou le français Cosmebio.  Mais selon une étude menée par UFC – Que choisir en 2016, toutes les crèmes solaires bio ne tiendraient pas leur promesse. En même temps, les méthodes de cette étude ont été critiquées par Cosmed, l’association des PME-PMI de la filière cosmétique.

La solution qui paraît peut-être la plus simple : selon Guillaume Barucq, le médecin de Biarritz, “il faut privilégier des mesures de protection solaire alternative comme la recherche de l’ombre, la protection vestimentaire“. Mettre un chapeau, une casquette pour la bronzette… Ou, carrément, changer d’horaire pour s’exposer quand le soleil tape moins fort.


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