Après avoir porté ses fruits au Kenya et en Thaïlande, le programme d’agriculture dans des sacs potagers, mis en place par Solidarités International, s’exporte en Syrie. L’objectif : renforcer la sécurité alimentaire des déplacés syriens. Trois questions à Myrtille Eyer, responsable du pôle partenariats au sein de l’ONG.

Comment est né ce projet, et à qui s’adresse-t-il ?

Solidarités International a développé la technique de culture verticale (production maraîchère dans des sacs potagers adaptée au milieu urbain et semi-urbain) dans le bidonville de Nairobi, au Kenya, à partir de 2007. La technique a ensuite été répliquée dans différents camps de personnes déplacées ou réfugiées avec des résultats probants. Il a donc été décidé de tenter l’expérimentation avec des familles de déplacés syriens vivant dans des camps de fortune. Ce projet s’adresse donc en priorité à ces ménages sans accès à la terre et qui font face à des difficultés pour accéder à des revenus et une nourriture diversifiée.
En quoi l’agriculture peut-elle être un moteur d’insertion sociale ?

Le fait d’avoir une activité, d’avoir une certaine autonomie (alors que de nombreuses personnes dépendent de l’aide humanitaire ou celle de voisins) renforce l’estime de soi, la confiance et la pratique de l’agriculture. Les échanges sur les conseils techniques peuvent également favoriser l’insertion sociale.

Quelles sont les perspectives d’avenir de ce projet ?

La technique des sacs est assez peu coûteuse et facilement « réplicable ». Néanmoins, dans le contexte syrien, les coûts d’achat des plants et de l’eau ne permettent pas une reproduction du système en fin de projet sans support extérieur. L’avenir de ce projet est, pour l’instant, de chercher d’autres financements pour développer le maraîchage en sac de légumes d’hiver et d’étendre le support à d’autres ménages dans la zone pour le printemps prochain. Une association volaille-maraîchage (fumier, lutte contre les insectes, etc.) constitue une hypothèse de développement pour le futur.

Des sacs potagers à Kibera au Kenya (crédit SOLIDARITES INTERNATIONAL)

En Roumanie : un projet riche de sens

En Roumanie, plus de 40 % de la population est en risque de pauvreté et d’exclusion. C’est dans ce contexte particulièrement difficile que l’association Ateliers sans frontières a créé en 2016, près de Bucarest, l’atelier Bio & Co. Une action qui permet « l’insertion des plus défavorisés par le maraîchage bio et le compost pour de nouvelles formes de consommation responsable, solidaire et durable », explique le responsable développement, Patrick Ouriaghli. En complément de la production de légumes bio, dont une partie sera redistribuée à des familles démunies, l’atelier souhaite développer une activité de collecte et de compostage des déchets organiques de la grande distribution. Enfin, des activités de sensibilisation à l’écologie sont proposées aux enfants du village.

La solidarité se cultive en ville

Dossier réalisé en collaboration avec la Fondation d’entreprise Carrefour. Depuis sa création en 2000, cette fondation d’entreprise accompagne l’insertion de personnes éloignées de l’emploi grâce à l’agriculture. En 2016, 15 projets de développement agricole, dont six potagers urbains, ont été soutenus à hauteur de 1,1 million d’euros. En plus de l’apport financier, la fondation accompagne les structures pour la production, la vente, la distribution, notamment dans les magasins de l’enseigne. La fondation s’adosse ainsi aux compétences de l’entreprise pour assurer un effet de levier et optimiser l’impact positif des programmes soutenus. Engagée dans le soutien de projets autour de l’alimentation à vocation solidaire ou humanitaire, en France et à l’étranger, la Fondation Carrefour s’est associée à UP le mag pour la réalisation de ces pages consacrées à l’agriculture urbaine. Zoom sur quatre projets soutenus par la fondation et centrés sur la lutte contre les exclusions. À lire aussi :


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