Quand le ministre de l’Agriculture s’est affiché en faveur de l’assouplissement de l’interdiction de ces pesticides responsables de la mort des abeilles, le ministère de la Transition écologique s’y est opposé, lundi 26 juin. Matignon a tranché en faveur de ce dernier. Voici quelques éléments pour comprendre ce débat.

Tout a commencé avec la révélation, par la radio RMC, d’un document interministériel évoquant, notamment, un assouplissement de la législation autour des pesticides néonicotinoïdes . Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a expliqué dans la même matinée, sur BFMTV, que la législation française interdisant les néonicotinoïdes n’était « pas en conformité avec le droit européen » et a fait part de sa volonté de « pouvoir autoriser des dérogations ». Il a affirmé sa volonté de travailler avec le ministère de la Transition écologique Nicolas Hulot. Mais la position de ce dernier sur le sujet est bien tranchée : hors de question de revenir sur l’interdiction des néonicotinoïdes.

Finalement, à la mi-journée, le Premier ministre a indiqué dans un communiqué que la France ne reviendrait pas sur l’interdiction des néonicotinoïdes.

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C’est quoi, les néonicotinoïdes ?

Les néonicotinoïdes sont une famille de pesticides qui agissent directement sur le système nerveux des insectes, en particulier les abeilles, provoquant leur mort. C’est d’autant plus problématique que les abeilles sont attirées par ce produit, comme l’explique Le Monde : « Loin de repousser les abeilles, les néonicotinoïdes les attirent. Un peu comme l’attrait exercé par certains neurotoxiques sur les humains, comme la nicotine (dont sont dérivés, comme leur nom l’indique, les néonicotinoïdes). » Depuis l’arrivée des insecticides néonicotinoïdes en 1995, en France, 300 000 ruches périssent chaque année, selon l’Union nationale de l’apiculture Française.

Depuis 2013, l’utilisation de trois substances néonicotinoïdes sont restreintes au niveau européen. Les semences enrobées de ces produits sont interdites au printemps et autorisées uniquement sur les cultures non attractives pour les abeilles : blé, seigle, avoine, orge et betterave. Mais, pour les autres néonicotinoïdes, il n’y a pas de restriction à l’échelle européenne. En août 2016, avec la loi sur la biodiversité, la France a interdit tous les néonicotinoïdes à partir de septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu’en 2020. C’est sur cette réglementation que le ministre de l’Agriculture semblait vouloir revenir.

Pourquoi a-t-on besoin des abeilles ?

Si les associations environnementales, dont la fondation Hulot, se sont rapidement opposées à l’usage des néonicotinoïdes, c’est parce qu’ils représentent un risque pour la biodiversité. Les abeilles garantissent la reproduction de nombreuses espèces végétales. En France, environ 70 % des 6 000 espèces de plantes recensées sont polonisées par des insectes pollinisateurs, dont les abeilles, mais aussi des guêpes ou des papillons. La pollinisation consiste à transporter le pollen depuis l’organe mâle d’une fleur, appelé étamine, jusqu’à l’organe femelle (le pistil).

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Voici une vidéo réalisée en 2014 par Le Monde, pour  comprendre le rôle des abeilles :


Le déclin des abeilles expliqué en 3 minutes par lemondefr

> Retrouver l’article “Le miel, la ville et les abeilles” dans le UP n°16 et son dossier consacré à l’agriculture urbaine.

Info inspirante ?
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