Le gouvernement a autorisé le prélèvement de deux loups supplémentaires d’ici le 30 juin prochain en cas d’attaque. Des associations poussent un cri de colère.

Le loup, en Europe, est une espèce protégée. Pour abattre un animal, il est nécessaire d’obtenir une dérogation au niveau de l’Etat. Un nouvel arrêté, publié le 16 juin 2017 dans le Journal officiel, autorise le prélèvement de deux loups supplémentaires jusqu’au 30 juin prochain, portant ainsi le nombre d’animaux pouvant être tués à 40 entre juillet 2016 et 2017. Ce texte autorise ainsi les préfets à passer à l’action avant la date limite. Et ce, écrivent le ministre de l’Agriculture Jacques Mézard et de l’Ecologie Nicolas Hulot, dans le cadre de “tirs de défense” et de “tirs de défense renforcée”.

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Mais quel est le problème, au juste ?

On compterait entre 250 et 300 loups sur le territoire français. Leur nombre progresse. Selon l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), il y aurait 57 « zones de présence permanente » de l’animal contre 49 à l’hiver 2015-2016. En outre, le nombre de meutes a augmenté.

Depuis le retour du loup dans les Alpes dans les années 90, les attaques de l’animal  sur des élevages n’ont cessé d’augmenter en France. En 1993, le ministère du Développement durable en a relevé 10, en 2002, 571 en 2010, 1090 et en 2014, 2 300Le nombre de victimes a aussi été multiplié. En 2015, d’après la Direction régionale de l’environnement de Rhône-Alpes, chargée du suivi national, on compte 8 935 « victimes constatées », contre 8 768 en 2014.

Face à ce constat, la FNSEA, syndicat agricole majoritaire,  a exigé, début juin, des mesures conséquentes : « Le loup blesse à mort des dizaines et des dizaines de bêtes, et les laisse agonisantes, étalées au sol, attendant que leur éleveur vienne abréger leur souffrance. »

En 2015, l’Etat a indemnisé les éleveurs à hauteur de 2,5 millions d’euros pour ces dégâts et autorise le prélevement de plus en plus de loups.

Les mouvements écologistes crient au scandale

C’est une espèce qui a un temps été déclarée comme éteinte et des chercheurs nuancent la hausse du nombre de la population lupine.

Interrogé par Science et Avenir, Olivier Gimenez, chercheur au Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (Montpellier), affirme que “la dynamique biologique des espèces n’est jamais figée et est soumise à de multiples perturbations anthropiques ou naturelles”. En d’autres termes, tuer des loups en nombre pourrait menacer la viabilité des espèces.

Cap loup, le collectif des associations pour la protection des loups (dont l’Association pour la protection des animaux sauvages), demandent la fin des tirs des loups.  Le 13 juin, il a lancé une campagne “Stop aux tirs des loups”. Plusieurs personnalités ont y participé dont le documentariste Yann Arthus-Bertrand, l’acteur Jacques Perrin et le journaliste Aymeric Carron. Le collectif, qui s’étonne que la France a abattu 111 loups depuis 1992, demande « la mise en place d’une vraie politique de cohabitation entre les activités humaines et les loups ». Et propose de «  développer les méthodes non létales pour empêcher les intrusions dans les troupeaux domestiques ».


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