À l’occasion du Festival Pop’Sciences, organisé par l’Université de Lyon, quatre jeunes chercheurs nous ont présenté leur thèse en seulement 3 minutes, comme le veut le fameux concours auquel ils ont participé “Ma thèse en 180 secondes”. 

Candidats à l’édition 2017 de “Ma thèse en 180 secondes”, Victoire Cardot, Oriane Baulin, Claire-Emmanuelle Indelicato et Romain Bet ont profité du festival Pop’Sciences, qui s’est tenu à Lyon les 16 et 17 juin, pour sortir de leur laboratoire et présenter au public leur thèse en un temps record.

Cette présentation n’était pas un entraînement pour ces quatre finalistes du concours régionales lyonnais. “En début d’année, l’Université de Lyon a proposé à ceux qui le voulaient une formation au concours, raconte Romain Bet. Les volontaires ont travaillé avec des comédiens afin de développer leur aisance à l’oral, puis avec un graphiste pour imaginer leur support visuel.”

Après avoir reçu plusieurs vidéos d’amateurs, l’université a finalement sélectionné 14 candidats qui ont, cette fois, été filmés par des professionnels. La finale s’est tenue en avril dernier, devant un jury et des centaines de personnes. “Le gagnant est ensuite monté à Paris pour le concours national“, poursuit Romain.

thèse en 180 secondes popsciences

La Grenobloise Sabrina Fadloun a décroché le 14 juin, à Paris, la finale de MT180 France 2017. Elle se prépare désormais pour la finale internationale de MT180 qui se tiendra à Liège, en Belgique, début septembre. @MT180FR

Domaines scientifiques confondus

Devant une foule de festivaliers, parmi eux des férus de science mais également de simples curieux, les quatre chercheurs se sont exprimés avec clarté et assurance sur des sujets qui, aux premiers abords, semblent assez complexes.

Victoire Cardot, la vingtaine, était la première à relever le défi. Doctorante au Centre de recherche en cancérologie de Lyon, elle étudie le cancer du pancréas. L’objectif de sa thèse : “Comprendre comment le TGFB (Transforming Growth Factor Bêta – le facteur de croissance transformant), présent en grande quantité dans le stroma autour de la tumeur, agit sur le développement de la tumeur du pancréas exocrine“, explique-t-elle. Un sujet qui lui tient particulièrement à cœur car, comme elle le souligne dans sa présentation, “le cancer du pancréas devrait d’ici 2020 devenir l’une des principales causes de mortalité chez les Français”.

Est ensuite venu le tour d’Oriane Baulin qui, depuis trois ans, s’intéresse à une nouvelle catégorie de matériau : des verres métalliques, plus résistants au cours du temps. “Aujourd’hui, les prothèses ont toutes des durées de vie limitées. Dans le domaine biomédical, ces verres permettront d’éviter de réopérer les patients“, explique cette chercheuse à l’Institut national des sciences appliquées de Lyon.

De gauche à droite : Victoire Cardot, Oriane Baulin, Romain Bet et Claire-Emmanuelle Indelicato. @LP

La thèse de Romain Bet se rattache quant à elle au domaine des sciences humaines. Doctorant à l’université Lumière Lyon 2, son but est de “comprendre le cheminement de pensée qui amène des individus à commettre des crimes et comment de tels actes peuvent être légitimés par ceux-ci“. En travaillant sur les pensées sombres de l’individu qui sont contraire au principe de nos sociétés, ses recherches contribueront à trouver des solutions pour diminuer le risque de récidive.

Enfin, l’objectif de la thèse de Claire-Emmanuelle Indelicato est de détailler les mécanismes génétiques par lesquels l’ensemble des micro-organismes intestinaux impactent la croissance. Pour ce faire, elle travaille sur une mouche, la drosophyle, et essaye de comprendre comment les bactéries intestinales impactent sa croissance. “Si on arrive à comprendre quelle est la bactérie et comment elle module notre croissance, cela pourra être utilisé soit pour des enfants en sous-nutrition, soit pour d’autres ayant des maladies touchant leur métabolisme”, espère-t-elle.

Démocratiser les sciences

Les domaines sont vastes en science. Participer à ce concours, c’est  l’occasion de découvrir le travail passionnant d’autres chercheurs“, applaudit Oriane Baulin dont la participation à “Ma thèse en 180 secondes” a d’abord été motivée par une forte envie de “communiquer avec le grand public : “On considère encore les scientifiques de manière stéréotypée c’est-à-dire comme des gens dans leur bulle, incapables de s’exprimer et d’aller vers les autres, déplore-t-elle. Pour moi, synthétiser ma thèse et me faire comprendre du plus grand nombre, c’était aussi le moyen de casser ces clichés.

D’autant que les sujets des thésards sont en lien avec les problématiques actuelles. Leurs travaux ayant vocation à réellement améliorer le monde de demain. A l’issue de chaque présentation, le public a ainsi fait preuve d’une grande curiosité en posant plusieurs questions à chaque candidat. “C’est rassurant, je pense, pour la population de voir qu’il y a des personnes qui investiguent et cherchent des solutions concrètes. Surtout, à l’heure où les fondements scientifiques sont de plus en plus remis en cause, notamment sur la question du réchauffement climatique, estime Romain Bet.

Oui, les chercheurs sont en quelques sortes des super-héros. Et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, au cinéma, ils sont de plus en plus mis en avant. Désormais, la science est bankable et, surtout, à la portée de tous. L’un des objectifs partagés des candidats, est d’ailleurs celui de “faire naître des vocations chez la jeune génération. Car, c’est un peu ça l’avenir de la science : s’ouvrir au monde extérieur, faire parler d’elle tout en acquérant par la vulgarisation un certain pouvoir d’attraction.

Info inspirante ?
Avis des lecteurs 3 Avis

Commentaires